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[CRITIQUE] : Plus forts que le diable


Réalisateur : Graham Guit
Acteurs : Melvil Poupaud, Nahuel Perez Biscayart, Marine Vacth, Asia Argento,...
Distributeur : Maverick Distribution
Budget : -
Genre : Comédie, Thriller.
Nationalité : Belge, Français.
Durée : 1h24min

Synopsis :
Valentin, un homme paumé et fauché, retrouve son fils Joseph après vingt ans d’absence et le précipite, lui et sa femme Alice, dans un chaos total. Avec JP, Mila et Gigi, le diable n’a qu’à bien se tenir…





Le phénomène est étrange mais gageons qu'il a totalement le mérite d'être, dans le même temps, suffisamment fascinant pour être noté : s'il est souvent naturel que, dans le monde nébuleux des nepos babies, des enfants de cinéastes se décidant à passer par la case réalisation, laissent transparaître des similitudes évidentes avec les filmographies de leurs parents au sein de leurs premiers efforts, plus rare est le phénomène inversé, un cinéaste censé être chevronné, qui voit sa réalisation comme son style, être influencés par sa propre progéniture.

C'est, totalement, l'impression qui se dégage à la vision du nouveau long-métrage du faiseur de rêves belge Graham Guit (absent des plateaux depuis 2009 et le pas fifou Hello Goodbye), Plus forts que le diable, lui dont la filmographie ne brillait jusqu'ici ni pour sa singularité, ni pour sa propension à embrasser une burlesque déglingué, à la différence de ses deux rejetons, Harpo et Lenny Guit, dont le cinéma encore naissant se complaît justement, dans l'absurde le plus complet et décomplexé - clairement des wannabes héritiers du maestro espagnol Alex de la Iglesia.

Copyright Maverick Distribution

Pas besoin de trop tortiller de la pellicule pour réaliser que tout le film est pleinement imprégné de leur folie douce et crasse, que papa Guit semble avoir radicalement monté d'un cran au détour de ruptures de tons brutales comme d'un mélange des genres consciemment déséquilibré, où il swingue sans trop d'adresse entre la chronique chaotico-satirico-anarchique, la comédie tout en humour noir et en loufoqueries et le polar sanglant, pour conter la descente aux enfers d'un loser fauché et profondément vénal qui retrouve sa progéniture après vingt ans d'absence, pour férocement lui pourir la vie.

Un vrai OFNI donc, peu aimable et défiant - trop souvent - les frontières du bon goût, qui réserve quelques petites réjouissances (des personnages, à la profondeur volontairement grossière, dont on se délecte qu'ils soient tous incapables de se rattraper les uns les autres) tout autant qu'il s'essouffle méchamment en cours de route (comme Aimer Perdre...), malgré une distribution qui cabotine joyeusement (Melvil Poupaud et Nahuel Perez Biscayart sont excellents) et un propos plutôt pertinent sur le papier (une chtite réflexion sur une marginalité qui profite du système tout en peinant à se réinsérer, au sein d'une société contemporaine qui la réprime).

Du bis relax et ludique donc sans forcément être mémorable - ni totalement recommandable.


Jonathan Chevrier