[CRITIQUE] : Les Saisons
Réalisatrice : Maureen Fazendeiro
Avec : -
Distributeur : Norte Distribution
Budget : -
Genre : Documentaire.
Nationalité : Portugais, Français, Espagnol, Autrichien.
Durée : 1h23min.
Synopsis :
Dans un jardin botanique, un arbre veille et observe, témoin patient des siècles. En 1908.
On avait laissé le cinéma de la cinéaste Maureen Fazendeiro sur une belle bulle de légèreté post-confinements, Journal de Tûoa - co-réalisé avec Miguel Gomes -, tout autant trip déliberement metaphysique et très conscient/satisfait de soi libéré des diktats habituels de la narration, qu'un authentique et tendrement ironique hymne à la vie façon petit recueil de vignettes anarchiques, ou la chronologie inversée se fait le véhicule d'une célébration sincère et poignante de l'esprit de communauté.
Un petit recueil de vignettes clairement anarchiques, étranges et pétillantes qui capturent vingt-deux jours de coexistence sur un plateau de tournage, le film est une vraie bouffée d'air frais pure et poétique, sondant le cataclysme social d'un monde en pleine pandémie du Covid-19, au coeur d'une réflexion inquiète et un poil systémique mais solaire dans son message sur une crise sanitaire ayant créée dans son chaos, une vraie crise artistique.
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| Copyright NORTE DISTRIBUTION |
On l'a retrouve avec une oeuvre toute aussi enthousiasmante et hétérogène, Les Saisons - son premier long-métrage en solo -, séance frappée par le même sentiment de liberté tant elle se place à la frontière du documentaire, de la fiction (tourné en 16mm avec sa patine merveilleusement granuleuse) et de l'essai cinématographico-expérimental, en composant tout autant une exploration des découvertes archéologiques - à l'aube de la Seconde Guerre mondiale - de l'Alentejo, au Portugal, par le couple Georg et Vera Leisner (alors que les fouilles se poursuivent toujours aujourd'hui), que le portrait panoramique de toute une - magnifique - région (de ses habitants à sa vie agricole en passant par son fantastique imaginaire collectif, où réalité du présent et folklore d'hier s'unissent dans un ballet particulièrement envoûtant), via une narration non-chronologique et narrativement/formellement dense (images d'archives, témoignages, observations ethnologiques, dessins scientifiques,...).
Entre la fable poético-éthnographique au rythme tranquille, la méditation artistique au naturalisme cru et la tapisserie méticuleuse et contemplative où mémoire enfouie comme partagée et paysages somptueux ne font plus qu'un, Les Saisons capture l'essence brute mais également les émotions poignantes de toute une région pour mieux la célébrer avec soin et dévotion.
Une expérience singulière donc, mais avant tout et surtout immanquable.
Jonathan Chevrier


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