[CRITIQUE] : Dis-moi sur quel pied tu danses
Réalisateur : Philippe Ménard
Avec : -
Distributeur : Mitiki
Budget : -
Genre : Documentaire.
Nationalité : Français.
Durée : 1h12min.
Synopsis :
Dis-moi sur quel pied tu danses est une immersion au sein d’un service de réadaptation pour personnes amputées, où le manque d’un membre devient moteur de désirs et de créativité. À travers 20 portraits mêlant témoignages, danse et poésie, patient·e·s et soignant·e·s s’engagent dans un dialogue qui révèle la force de l’élan vital. Porté par le regard chorégraphique de Philippe Ménard, où humour et décalage libèrent les corps, ce film célèbre la capacité de chacun·e à se réinventer et à avancer
À une heure (excessivement longue et redondante, on est d'accord) où l'on fustige, définitivement plus par manque de connaissance que par pur acte de stupidité (quoique la question se pose parfois sur les réseaux sociaux... bon très souvent), le manque d'originalité et de diversité dans le paysage cinématographique hexagonale, pas une semaine ne passe pourtant où presque, sans qu'un premier long-métrage bien de chez nous ne pointe fièrement le bout de son nez dans une salle obscure, qu'un où qu'une cinéaste ne vienne potentiellement faire son trou et démontrer que talent est bien là, et qu'il ne demande qu'à être soutenu (surtout en salles).
Nouvelle preuve en date - si besoin était, pour les trois au fond qui ne suivent pas - cette semaine avec N121 - Bus de nuit de Morade Aïssaoui (un thriller prévisible et narrativement fébrile mais formellement solide et prenant), mais également donc avec le très beau documentaire Dis-moi sur quel pied tu danses, premier effort du chorégraphe et wannabe cinéaste Philippe Ménard.
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Soit une immersion délicate au sein d’un service de réadaptation pour personnes amputées (fruit d'un tournage de quatre ans, dans l'enceinte de Coubert, dans le 77), conçu comme une collection passionnante de témoignages d'intervenants et d'intervenantes - patients/patientes comme soignants/soignantes - dont on célèbre tout autant la résilience et la force de pouvoir avancer malgré la souffrance et les traumatismes, que la poésie créative et libératrice (comme le titre l'indique, la danse est un veritable fil conducteur à la fois symbolique et allégorique, de cette réinvention/affirmation de soi à la fois vitale et euphorisante, où ne pas/plus savoir sur quel pied danser prend totalement son sens, sur le long et dur chemin vers l'adaptation, la réappropriation de son corps et de son existence), dans un élan choral merveilleusement tendre et décalé.
Aussi bien épuré à l'extrême (à peine soixante-dix minutes de bobine) qu'il est tout en humilité et en humanité, ce premier long-métrage qui assume tout du long ses élans singuliers, se fait un magnifique moment de cinéma à la fois drôle, émouvant et pétri d'humanité, qui trace un joli canevas mémoriel et universelle d'âmes qui nous racontent sans détour leurs histoires, avec chaleur et authenticité.
Clairement, l'une des jolies bouffées d'air frais du moment.
Jonathan Chevrier







