[CRITIQUE] : Chers Parents
Réalisateur : Emmanuel Patron
Acteurs : André Dussollier, Miou-Miou, Thomas Solivérès, Arnaud Ducret, Bernard Alane, Pauline Clément, Frédérique Tirmont,...
Distributeur : SND
Budget : -
Genre : Comédie.
Nationalité : Français.
Durée : 1h26min.
Synopsis :
Quand Alice et Vincent Gauthier convoquent en urgence leurs trois enfants, la fratrie débarque affolée craignant le pire … mais, bonne nouvelle, leurs parents ont en fait touché le Jackpot ! Le problème : ils ne comptent pas leur donner un centime.
Dans l'univers of madness de la production comique française, où la franchisation à outrance du moindre produit populaire (la preuve, actuellement en salles, avec le peu fameux cinquième Tuche), voire la validation algorithmique - donc totalement incompréhensible - de toute production recyclant ad vitam æternam la moindre formule familière un tant soit peu fédératrice (le tout avec les mêmes têtes enfermées elles-mêmes, dans un cycle de redite irritant dans leurs prestations), règnent en maîtres, difficile de ne pas avoir un tant soit peu d'intérêt pour tout nouveau visage tentant, à défaut de renouveler cette popote indigeste, au moins d'en rajouter quelques saveurs inédites.
Après tout, la comédie est, sans aucun doute, le genre cinématographique aussi bien le plus difficile à aborder, que le plus ingrat et s'il est difficile de faire rire tout le monde, ça l'est d'autant plus d'être drôle, et encore plus (définitivement trop de plus ici) à une époque où le politiquement correct se fait de plus en plus despotique.
![]() |
| Copyright SND |
Faîtes entrer le nouvel accusé donc : Chers Parents de Emmanuel Patron, adaptation de la pièce de théâtre éponyme qu'il avait co-signé avec Armelle Patron, face auquel soyons totalement transparent, rien qu'à la vision de son affiche transpirant bon la déclinaison facile et sans envie, nous étions à un demi doigt (même pas deux) de tomber du côté obscur du jugement puéril, prêts à le cravater mignon et sans vaseline tant il ne semblait pas réellement s'extirper du marasme des comédies paresseuses qui caractérise bon nombre des productions hexagonales récentes.
Monumentale erreur (quand-même pas, mais fais comme si cher lecteur), tant ce modeste petit bout de comédie familial assume totalement ses tropes comme ses origines théâtrales, vissé qu'il est sur un pitch certes convenu (des parents ayant fraîchement gagnés à la loterie, décident de partir s’installer au Cambodge où ils comptent ouvrir un orphelinat, ce qui n'est pas franchement du goût de leurs trois rejetons qui aimeraient bien tâter une petite partie des pépètes), qui vire gentiment mais sûrement vers l'opposition générationnelle vacharde tout en quiproquos et en dialogues succulents, poussant à la réflexion ses personnages comme son auditoire sur son propre rapport à l'argent - systématiquement toxique -, qui vient rabattre les cartes de toutes les relations, même les plus soudées et honnêtes.
![]() |
| Copyright SND |
Joliment ludique et in fine plus subtilement cocasse que satirique, où la partition drôle et impliquée d'une distribution totalement vouée à sa cause, donne du liant et du piment à une vraie comédie de boulevard enthousiasmante et sincère; contre toute attente, Chers Parents vaut chèrement son pesant de pop-corn, d'autant qu'il a le mérite de ne pas s'éterniser plus que de raison (à peine une heure et demi au compteur, montre en main).
On n'en demande pas forcément plus.
Jonathan Chevrier



%20(1)%20(1)%20(1).jpg)





