[CRITIQUE] : Anemone - Les racines du mensonge
Réalisateur : Ronan Day-Lewis
Acteurs : Daniel Day-Lewis, Sean Bean, Samantha Morton,...
Distributeur : Condor Distribution
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Américain, Britannique.
Durée : 2h05min.
Synopsis :
Voilà 10 ans que Ray Stroker s'est exilé au cœur d'une forêt reculée d'Angleterre, coupé du monde et de sa famille. Mais lorsque celle-ci décide de renouer le contact, les traumatismes de chacun refont surface. Après une décennie de silence, l'heure est venue pour Ray de se confronter à ses secrets.
Force est d'admettre que le principal attrait entourant la vision d'un film tel que Anemone, résidait, au-delà du retour aux affaires de son immense comédien vedette (pas la première fois, certes, mais chaque come-back est un événement à part entière, encore plus lorsqu'il donne de sa plume), dans la curiosité - plus ou moins malsaine, restons honnête - de voir si Ronan Day-Lewis, fiston du grand Daniel Day-Lewis et de la comédienne et cinéaste Rebecca Miller, allait commencer à suivre les glorieux pas de ses illustres parents, notamment un paternel qu'il débusquait gentiment de sa retraite pour le caprice de sa première réalisation (pour laquelle il s'est également offert, les présences des talentueux Sean Bean et Samantha Morton), où s'il allait suivre ceux définitivement plus sombre de la pluie de nepo babies aux talents fuyants, comme l'industrie contemporaine les compte par dizaine (quand bien même on les retrouve bien plus souvent devant que derrière la caméra).
![]() |
| Copyright 2026 Condor Distribution |
Après tout, les pommes sont censées ne jamais tomber très loin du pommier, non ?
Très vite, une réponse sensiblement mitigée tend à pointer le bout de sa pellicule, tant le film peine à donner du corps et du coeur à son drame sombre et familial sur le papier particulièrement prenant (un homme traumatisé par la guerre civile irlandaise, mène une existence quasi-ermite dans une forêt reculée d'Angleterre, coupé du monde et de sa famille, qui tente de renouer contact par l'intermédiaire de son frère, Jem, qui lui a noyé ses blessures dans la religion et élevé son propre fils pendant son absenve), mais qui se perd lentement mais sûrement dans une théâtralité artificielle, cocktail de longs silences interminables et de plans contemplatifs (plombés autant par ses séquences oniroques qui peinent à s'inscrire harmonieusement dans sa prose, que par une musique sur-présente qui tente, justement, de combler le silence de ses protagonistes) d'où émerge aucune profondeur psychologique - et encore moins dans son final facile.
![]() |
| Copyright 2026 Condor Distribution |
Reste alors, dans ce premier effort assez fastidieux, quelques beaux dialogues/monologues, une belle photographie aux teintes foncées mais avant tout et surtout, la présence folle de Day-Lewis Sr., qui délivre une prestation magistrale en fantôme pitoyablement vivant, sorte de versant lessivée de ses personnages merveilleusement denses et complexes chez Jim Sheridan, une âme lentement et irrémédiablement dévorée par la violence indicible de son existence comme de sa nation.
Un ultime point final... avant le prochain ?
Jonathan Chevrier



.jpg)





