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[CRITIQUE] : 5 Centimètres par Seconde


Réalisateur : Yoshiyuki Okuyama
Acteurs : Hokuto Matsumura, Mitsuki Takahata, Nana Mori, Yuzu Aoki,...
Distributeur : Eurozoom
Budget : -
Genre : Drame, Romance.
Nationalité : Japonais.
Durée : 2h01min.

Synopsis :
2008. Takaki, jeune informaticien bientôt trentenaire vit une existence banale et monotone à Tokyo. Parfois, lui reviennent les bribes d’un temps où il était différent, enjoué, passionné par l’espace, curieux de la vie et des autres. Il se souvient de l’année 1991 et de sa rencontre à l’école avec celle qui devient très vite son alter ego, Akari. La vie les éloigne mais malgré la séparation et les années, malgré les occasions ratées, un lien invisible les unit…
Une chronique douce-amère, adaptée du film culte d’animation de Makoto Shinkai avec son soutien plein et enthousiaste.






Tout autant absurde qu'improbable comme proposition cinématographique (quand bien même elle est devenue monnaie courante, et pas uniquement au sein de la jungle Hollywoodienne), puisqu'il est presque acquis que toute transposition en prises de vues réelles ne peut qu'enlever une grande partie de la personnalité - colorée où non - de l'imagination comme de la liberté inhérente à l'animation (toutes les adaptations en prises de vue réelles du catalogue Disney, excepté le magnifique Peter et Elliott le dragon, peuvent attester de cette vérité), il n'y avait donc pas forcément de quoi péter d'enthousiasme à l'idée de voir le chouette 5 centimètres par seconde de Makoto Shinkai, être remaké presque vingt ans plus tard par Yoshiyuki Okuyama, alors que son pendant animé n'a strictement rien perdu de sa poésie modeste comme de sa mélancolie douloureuse (attendez que l'on s'écharpe mignon sur l'autre remake live action de Shinkai en préparation, celle du magnifique Your Name par Carlos Lopez Estrada), même avec sa durée sensiblement plus étriquée.

Copyright Eurozoom

Pourtant, si sa légitimité ne nous saute pas tout de suite à la caboche au virage de sa première bobine (si les personnages gagnent en substance et que l'histoire se fait peut-être plus accessible, son rythme se fait évidemment plus décousu), difficile néanmoins de ne pas se laisser un minimum séduire, à l'instar du récent Dragons de Dean DeBlois, par cette transposition à la lisière du copié-collé qui certes à une furieusement tendance à jouer la carte d'une mièvrerie un poil excessive, mais conserve la chaleur mélancolique du matériau d'origine, entre désirs inassouvis, occasions manquées et amour impossible, où les sentiments fanent sous le poids des rencontres et d'un temps qui n'attend ni les cœurs amoureux, ni ne préserve les sentiments les plus forts sous le poids écrasant de la distance.

Tout en introspection, en hésitations et en regrets, cette relecture douce-amère capture la grace comme le malheur d'âmes aux émotions stagnantes et à la nostalgie empoisonnée, qui font de l'absence leur compagnon d'infortune qui vampirise aussi bien leur passé que leur présent.
Une séance post-Saint-Valentin parfaite...


Jonathan Chevrier