Breaking News

[CRITIQUE] : La vie après Siham


Réalisateur : Namir Abdel Messeeh
Avec : Siham Abdel Messeeh, Namir Abdel Messeeh, Waguih Abdel Messeeh,...
Distributeur : Météore Films
Budget : -
Genre : Documentaire.
Nationalité : Français, Egyptien.
Durée : 1h16min.

Synopsis :
Namir et sa mère s’étaient jurés de refaire un film ensemble, mais la mort de Siham vient briser cette promesse. Pour tenir parole, Namir plonge dans l’histoire romanesque de sa famille. Cette enquête faite de souvenirs intimes et de grands films égyptiens se transforme en un récit de transmission joyeux et lumineux, prouvant que l’amour ne meurt jamais.





Elle ne s'explique pas toujours mais ce genre de petite magie n'en reste pas moins essentielle pour tout ceux qui aime un minimum, le septième art dans toute sa richesse et son imprévisibilité - comme sa prévisibilité, aussi.

Au sein d'une distribution hexagonale férocement chargée, où chaque mercredi du mois devient littéralement une jungle certes grisante mais sauvage dans laquelle chaque péloche tente un tant soit peu d'attirer l'attention des cinéphiles et des spectateurs lambda, au coeur d'une salle jamais trop obscures (une proposition qui est tout autant une bénédiction qu'une petite malédiction, tant il faut faire des choix de séances parfois frustants), certaines sorties pas forcément originales ni même accrocheuses sur le papier, parviennent pourtant à nous gentiment taper dans l'oeil voire même mieux que cela, à nous toucher en plein coeur autant par leur simplicité que par leur justesse.

Copyright Météore Films

Le documentaire autobiographique La Vie après Siham de Namir Abdel Messeeh fait clairement partie de ces séances là, exploration tendre et délicate de l'histoire familiale du cinéaste à la suite du décès tragique de sa mère, emportée par la maladie mais véritable personnage centrale d'une narration non linéaire totalement à sa gloire (sa présence comme son absence, marque les 75 linutes de bobine), qui vient tromper la douleur intime du deuil pour mieux épouser les contours d'un récit profondément introspectif et solaire, gorgé d'humour et de vie.

Avec sa caméra en bandoulière, outil de transmission (d'une mémoire inoubliable, puisque gravé dans le marbre de la pellicule et du temps) comme de symbole pour un amour du septième art dont il a hérité sans même le savoir (doublé d'un rapport entre fiction et réalité totalement assumé, tant il est souvent question de la pertinence de porter son existence et celles des siens, à l'écran), le cinéaste sert le septième art par sa réalité, l'embellit grâce à son pouvoir romanesque, l'use comme une forme de thérapie pure et artistique, pour mieux se reconstruire à travers la création.
Un témoignage émouvant, authentique et hautement recommandable.


Jonathan Chevrier