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[CRITIQUE] : Jean Valjean



Réalisateur : Éric Besnard
Acteurs : Grégory Gadebois, Bernard Campan, Alexandra Lamy, Isabelle Carré,...
Distributeur : Warner Bros. France
Budget : -
Genre : Drame, Historique.
Nationalité : Français.
Durée : 1h38min.

Synopsis :
1815. Jean Valjean sort du bagne, brisé, rejeté de tous. Errant sans but, il trouve refuge chez un homme d’Église, sa sœur et leur servante. Face à cette main tendue, Jean Valjean vacille et, dans cette nuit suspendue, devra choisir qui il veut devenir.

D’après l’œuvre « Les Misérables » de Victor Hugo.






 
S’attaquer aux Misérables est une tâche bien plus ardue qu’il ne puisse paraître. Comment gérer en effet l’ampleur du classique de Victor Hugo, sa pléthore de personnages et son portrait sur des années d’une France délaissée dans une période historique marquée ? Certains ont tenté de résumer au mieux le récit (notamment dans les adaptations musicales, à l’instar de la version Tom Hooper) tandis que d’autres ont essayé de s’orienter dans un format plus grand comme par le biais des mini séries. L’intention d’Éric Besnard ici est de se recentrer sur la première partie de l’ouvrage, souvent délaissée par les adaptations : la rencontre de Jean Valjean avec Monseigneur Myriel, un homme d’église l’accueillant après sa libération du bagne.

L’optique s’avère assez cohérente avec la filmographie de son réalisateur : Délicieux et Louise Violet captaient déjà des revirements historiques par un angle plus intimiste et des décors plus resserrés, renvoyant la nature à des décors intérieurs resserrant l’étau émotionnel de ses protagonistes. C’est ce procédé qui sied d’ailleurs à l’intention artistique du film : appréhender l’ampleur du destin de Jean Valjean en le concentrant, que ce soit par les décors ou les rencontres, renvoyant le personnage aux choix qui le détermineront en tant que figure de littérature émouvante.

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Ainsi, le long-métrage parvient à trouver cette optique avec une certaine réussite, bien aidé par le casting en place. Bernard Campan parvient à donner une autre figure à Myriel tout en conservant ce qui fait l’attrait du personnage tandis que Grégory Gadebois réussit à donner vie à la bonhommie brisée de Valjean, permettant un certain contrepoids entre les deux personnages tout en les liant thématiquement sur la façon dont leur vie s’est réorientée par les choix : celui de se rapprocher de l’humain, celui de redonner confiance en l’autre,...
On appréciera en ce sens ce côté plus intimiste pris par le film, permettant de mieux compresser ses personnages pour les confronter dans leur point de vue, tout en jouant d’une nature libératrice. Ainsi, l’échange qui fera basculer Myriel se fait face à un horizon qui se verra renvoyé à Valjean lors de sa conclusion, lui qui aura connu l’écrasement du bagne dans un décor salin propice au vide d’humanité, ce danger même qui nourrissait les écrits de Victor Hugo.

Jean Valjean surprend donc par sa façon de reprendre un récit connu pour mieux se recentrer sur son personnage le plus célèbre en lui adressant son potentiel de changement par le biais d’un relationnel qui lui a manqué. Cette approche plus resserrée pourra diviser celles et ceux qui n’auront connu que l’ampleur des Misérables mais cela permet à Éric Besnard de perpétuer ce fil d’une histoire qui n’a peut-être pas tant besoin d’être filmée par l’épique mais justement en se concentrant sur les humains qui font partie intégrante de cette évolution, ici celle d’un homme brisé vers une figure de bonté et d’humanité dans une période qui en manque désespérément.


Liam Debruel