[CRITIQUE] : Wet monday


Réalisatrice : Justyna Mytnik
Acteurs : Julia Polaczek, Nel Kaczmarek, Weronika KozakowskaJowita Budnik,...
Distributeur : Wayna Pitch
Budget : -
Genre : Drame, Fantastique.
Nationalité : Polonais, Estonien, Tchèque.
Durée : 1h27min

Synopsis :
Klara, 15 ans, doit faire face à un traumatisme qui s'exprime par une soudaine phobie de l'eau. Elle peut compter sur le soutien de Diana, sa nouvelle amie. Une histoire teintée de magie sur la puissance de l'empathie et de la sororité, au cœur des célébrations colorées de Pâques en Pologne.




La magie du coming-of-age movie, quand bien même le genre a tellement été poncé jusqu'à la moelle qu'il ne semble plus grand chose à avoir à offrir à son auditoire (même si deux, trois surprises pointent le bout de leur nez chaque décennie), tient souvent à peu de choses : un où une héroïne furieusement empathique (et les chouettes seconds couteaux qui gravitent autour, dans le meilleur des cas), un cadre qui titille soit savamment notre nostalgie, soit notre désir de découverte, voire même une ambiance gentiment réconfortante (avec une bande originale savamment complice, évidemment).

Copyright Wayna Pitch

À la différence de beaucoup de genres (quasiment tous, où pas loin), c'est donc souvent par la familiarité, plus ou moins assumée, qu'il convoque, à partir de laquelle on dissout quelques bribes d'une vision personnelle (qui tend - où non - vers l'universel), qu'un film qui l'aborde peut pleinement faire mouche.
En ce sens, le premier long-métrage de la wannabe cinéaste polonaise Justyna Mytnik, Wet Monday, accouché dans la douleur (pas moins de sept ans de gestation difficile pour terminer d'écrire le scénario), fait partie de ces projets que l'on ne peut qu'instinctivement aimer.

Exploration passionnante de la vulnérabilité et de la résilience enfantine/adolescente, à travers le prisme de l'isolement religieux (une croyance pointée comme archaïque) et géographique puis de l'émancipation salvatrice face à cet univers continuellement sous contrôle, au plus près d'une jeune adolescente troublée jusque dans ses propres contradictions, dont l'hydrophobie qui se développe à l'approche du lundi de Pâques (qui veut, en Pologne, que les garçons arrosent d'eau les jeunes filles), se fait le symbole d'un traumatisme plus profond - un viol, un an auparavant - qui remonte douloureusement et brutalement à la surface.

Copyright Wayna Pitch

C'est son parcours intime, entre sororité, annihilation du mur du silence et réappropriation de soi, qui est le cœur de ce drame à la fois drôle et empathique sur une émancipation à la dure, dont les petites touches oniriques ne font qu'appuyer la sensibilité comme tromper les familiarités inhérentes au genre.
Un beau premier long-métrage, rien de moins.


Jonathan Chevrier



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