[CRITIQUE] : Quelque chose de vieux, quelque chose de neuf, quelque chose d'emprunté
Réalisateur : Hernán Rosselli
Acteurs : Maribel Felpeto, Alejandra Cánepa, Hugo Felpeto, Leandro Menendez,...
Distributeur : Les Alchimistes
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Argentin, Espagnol, Portugais.
Durée : 1h40min
Synopsis :
Dans une banlieue populaire de Buenos Aires, les Felpeto ont leur business de paris sportifs clandestins bien rôdé. À la mort du père, la mère et la fille reprennent en main les affaires. Mais on parle de purges dans la police, d'importantes sommes d'argent déplacées, de perquisitions dans le quartier… La famille se prépare au pire alors qu’un lourd secret menace d’être dévoilé.
Tu ne te le demandais sûrement pas mais prend ça comme une certitude (tout du moins, s'en est une pour nous) : oui, le cinéma argentin va (très) bien en ce moment et dans son inventivité de plus en plus exacerbée, il trouve de plus en plus son chemin dans nos salles obscures... tant mieux, non ?
Nouvelle preuve en date avec le bien nommé Quelque chose de vieux, quelque chose de neuf, quelque chose d'emprunté, troisième long-métrage d'Hernán Rosselli, sorte de fusion plus où moins habile et intrigante entre fiction (un thriller gentiment rugueux) et documentaire à travers des images amateurs personnels, dont le titre faussement trompeur (qui convoque une ancienne coutume anglaise qui voudrait que la future mariée porte, le jour de son mariage, quelque chose de neuf, de vieux, d'emprunté et de bleu, pour lui porter bonheur), masque en partie les contours d'une fresque familiale entre les époques certes un brin nébuleuse mais réellement captivante.
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Cette dialectique de pluralité des images (à laquelle répond un son tout aussi important et minutieux), à la lisière du méta tout en étant sensiblement nostalgiques, sert de liant à une narration elliptique et tout en manipulation où le hors-champ est roi, cherchant plus où moins à percer le mystère d'une famille de bookmakers dont la matriarche, comme la fille, supplantent le mari/patriarche décédé à la tête d’un vaste réseau de paris clandestins (une véritable petite économie périphérique flanqué au sud de la capitale Buenos Aires); le tout sous fond d'héritage lourd à porter, de sphères existentielles et familio-claniques mais aussi de répression politique et de constat social criant (l'addiction au jeu, vrai problème national en Argentine)
Sorte de version prolétarienne, loin des paillettes et du faste, du film de gangster Scorsesien (où la frontière de la criminalité n'est uniquement franchit que pour rendre la vie un peu plus facile et tranquille dans un pays en crise qui ne la jamais été), le film se fait un puzzle volontairement incomposable et baroque, qui fascine aussi bien qu'elle peut parfois décontenancer son auditoire.
Jonathan Chevrier
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