[CRITIQUE] : Mexico 86
Réalisateur : César Díaz
Acteurs : Bérénice Bejo, Matheo Labbe, Leonardo Ortizgris, Julieta Egurrola,...
Distributeur : Bac Films
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Belge, Français, Mexicain.
Durée : 1h33min
Synopsis :
1986. Maria, militante révolutionnaire guatémaltèque, est depuis des années exilée à Mexico où elle poursuit son action politique. Alors que son fils de 10 ans vient vivre avec elle, elle devra faire un choix cornélien entre son rôle de mère ou celui d’activiste.
La force d’un premier long-métrage peut aussi s’avérer son plus grand danger : définir l’identité de la personne derrière la caméra. Il suffit de voir le nombre de metteurs en scène qui se sont vu enfermés dans une perception de leur style dès l’œuvre initiale et qui ont tenté, vainement ou non, de s’en détacher. Dans notre entretien avec César Diaz, le réalisateur de Mexico 86, il nous avouait qu’une des sources de motivation avec son deuxième film était d’éviter justement de se voir limité à tout ce qui faisait la richesse et la puissance de Nuestras Madres. Ainsi, si les ramifications thématiques sont proches, difficile de ne pas sentir que visuellement, un cap différent a été passé.
En suivant Maria, cherchant à traiter au mieux son engagement politique dangereux et son statut de mère, César Diaz perpétue les questions sur l’héritage de la guerre civile guatémaltèque et la perception maternelle dans cette transmission mais avec une nouvelle approche. Les mouvements de caméra se font différents, parvenant notamment à lier les enjeux avec une force discrète n’empêchant jamais la cruauté et le danger de respirer dans la narration. Ainsi, une scène d’assassinat parvient à surprendre par son incursion à l’image, renforçant une menace invisible mais néanmoins tangible.
La mise en scène de César Diaz parvient alors à conserver une certaine sécheresse tout en n’annihilant pas l’émotion. Bérénice Béjo s’investit pleinement dans son rôle et offre une fausse sensation de contrôle où la fébrilité est toujours aussi présente, fragilisant l’humain dans ses besoins et convictions. On ressent en effet quelque chose de précaire mais toujours à vif, au plus près de ses questionnements et de ses sentiments, ce qui permet au film de se distinguer tout en jouant de ses couches, à l’instar des diverses perruques portées par notre héroïne.
Rappelant le prix de l’engagement tout en appuyant l’importance de cette action, Mexico 86 est plus émouvant que féroce, densifiant son propos politique sans alourdir sa narration. César Diaz enrichit les questions déjà présentes dans Nuestras Madres en trouvant comment se réorienter au mieux, avec une intelligence qui n’oublie jamais son cœur, celui de son héroïne mais aussi thématique. On savait le réalisateur très bon avec son premier film, ce nouveau long-métrage rappelle qu’on ne peut limiter stylistiquement un artiste à une œuvre mais que sa façon de réfléchir ses créations peuvent clairement marquer la différence.
Liam Debruel
Acteurs : Bérénice Bejo, Matheo Labbe, Leonardo Ortizgris, Julieta Egurrola,...
Distributeur : Bac Films
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Belge, Français, Mexicain.
Durée : 1h33min
Synopsis :
1986. Maria, militante révolutionnaire guatémaltèque, est depuis des années exilée à Mexico où elle poursuit son action politique. Alors que son fils de 10 ans vient vivre avec elle, elle devra faire un choix cornélien entre son rôle de mère ou celui d’activiste.
La force d’un premier long-métrage peut aussi s’avérer son plus grand danger : définir l’identité de la personne derrière la caméra. Il suffit de voir le nombre de metteurs en scène qui se sont vu enfermés dans une perception de leur style dès l’œuvre initiale et qui ont tenté, vainement ou non, de s’en détacher. Dans notre entretien avec César Diaz, le réalisateur de Mexico 86, il nous avouait qu’une des sources de motivation avec son deuxième film était d’éviter justement de se voir limité à tout ce qui faisait la richesse et la puissance de Nuestras Madres. Ainsi, si les ramifications thématiques sont proches, difficile de ne pas sentir que visuellement, un cap différent a été passé.
En suivant Maria, cherchant à traiter au mieux son engagement politique dangereux et son statut de mère, César Diaz perpétue les questions sur l’héritage de la guerre civile guatémaltèque et la perception maternelle dans cette transmission mais avec une nouvelle approche. Les mouvements de caméra se font différents, parvenant notamment à lier les enjeux avec une force discrète n’empêchant jamais la cruauté et le danger de respirer dans la narration. Ainsi, une scène d’assassinat parvient à surprendre par son incursion à l’image, renforçant une menace invisible mais néanmoins tangible.
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La mise en scène de César Diaz parvient alors à conserver une certaine sécheresse tout en n’annihilant pas l’émotion. Bérénice Béjo s’investit pleinement dans son rôle et offre une fausse sensation de contrôle où la fébrilité est toujours aussi présente, fragilisant l’humain dans ses besoins et convictions. On ressent en effet quelque chose de précaire mais toujours à vif, au plus près de ses questionnements et de ses sentiments, ce qui permet au film de se distinguer tout en jouant de ses couches, à l’instar des diverses perruques portées par notre héroïne.
Rappelant le prix de l’engagement tout en appuyant l’importance de cette action, Mexico 86 est plus émouvant que féroce, densifiant son propos politique sans alourdir sa narration. César Diaz enrichit les questions déjà présentes dans Nuestras Madres en trouvant comment se réorienter au mieux, avec une intelligence qui n’oublie jamais son cœur, celui de son héroïne mais aussi thématique. On savait le réalisateur très bon avec son premier film, ce nouveau long-métrage rappelle qu’on ne peut limiter stylistiquement un artiste à une œuvre mais que sa façon de réfléchir ses créations peuvent clairement marquer la différence.
Liam Debruel
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