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[CRITIQUE] : The Giaccomo



Réalisateur : Baptiste Drapeau
Avec : Xavier Lacaille, Tibo InShape, Michel Cymes, Benjamin Castaldi,...
Distributeur : Le Pacte
Budget : -
Genre : Comédie.
Nationalité : Français.
Durée : 1h34min

Synopsis :
Pour atteindre un million de followers, Giaccomo ne reculera devant rien. De Amiens à Dubaï, l’ascension vertigineuse d’un influenceur prêt à franchir toutes les limites pour faire exploser le buzz.





Certes, c'est une façon assez simpliste de voir les choses (où putassière quand elle n'est pas argumenté) mais à une époque où originalité et créativité au coeur d'une campagne promotionnelle, font rarement bon ménage, elle est peut-être la plus pertinente qui soit : oui, les affiches de films (pas uniquement françaises, soyons honnêtes, même si la paresse derrière celles des comédies bien de chez nous, est parfois gênante) sont souvent furieusement évocatrices quant à la qualité fragile du contenu qu'elles sont censées si ce n'est promouvoir (où, tout du moins, amener à titiller un tant soit peu l'intérêt du spectateur d'une manière moins agressive et/où plus maligne, que pourrait le faire une bande annonce souvent encore plus générique, qui dégueulerait ses deux, trois meilleures répliques/séquences dans une forme de désespoir à la fois tragique et cynique), au minimum soutenir avec un tant soit peu d'illusion.

Copyright Le Pacte

En ce sens, celle de The Giaccomo signé Baptiste Drapeau, dont le titre suffisait déjà à incarner un red flag plus puissant encore qu'une tagline "avec Didier Bourdon et Christian Clavier en vedette ", annonçait sensiblement la couleur : une comédie qui allait jouer la carte sinueuse du mockumentaire où plus d'un s'y est cassé les dents (même l'excellent Fabrice Eboué y a perdu des plumes), pour mieux égratigner le monde des influencers, le tout en dégainant un bal des caméos à la limite de la gênance absolue - Tibo Inshape, Benjamin Castaldi, Magali Berdah où encore Jordan De Luxe et Michel Cymes.

Mais, contre toute attente et même s'il ne sauve pas fondamentalement le genre de sa léthargie passée les dingueries d'un Sasha Baron Cohen inégalé dans l'exercice, ce premier effort réussit la prouesse de provoquer un véritable vertige comique au détour de l’odyssée déglinguée et irrévérencieuse d'un Xavier Lacaille excellent, capable de tout - littéralement - pour dépasser le million de followers sur Instagram et de quitter son Amiens natale pour Dubaï.
S'il n'use pas toujours adroitement de la caricature, il n'en a pas moins la même volonté que le papa de Borat d'assumer son délire jusqu'au bout - quitte à éreinter son auditoire -, de gratter de manière grinçante les limites de la culture du paraître (avec quelques références si méticuleuses que l'on comprend, avec plaisir, que le cinéaste maîtrise un minimum le sujet).
Inégal donc, mais d'une folie destructurée et décomplexée résolument enthousiasmante.


Jonathan Chevrier