12 Hommes en Colère

[MÉLI-MÉLO-MARION] : #1. 12 Hommes en Colère


#1. 12 Hommes en Colère de Sidney Lumet (1957).

Pour mon premier article sur Fucking Cinephiles, je me voyais dans l'obligation de jouer franc jeu avec vous. Comment aurais-je pu débarquer ici et ne pas évoquer un huis clos ou bien un film à twist ? (mes sous-genres favoris qui ont provoqué mon amour pour le septième art). Histoire de soigner mon entrée et de la rendre à mon image, j'ai donc pris la décision de choisir un film qui a marqué d'une empreinte indélébile mon cœur cinéphile. J'aime le culte, le grand classique, le chef-d’œuvre et la référence. Définition même du film que je vais évoquer ci-dessous. Mettez votre éventuelle claustrophobie de côté, on s'enferme ensemble dans le sous-genre le plus simple et pourtant le plus subtil du septième art ; le Huis clos. 

 
Littéralement parlant, le terme Huis clos signifie « portes et fenêtres closes » ainsi, l'action doit se dérouler dans un seul et même lieu tout au long d'une œuvre. Une issue sur le monde extérieur se ferme alors, cloisonnant les personnages entre eux. Un véritable procédé théâtral qui se refuse d'utiliser les libertés de décors variés possibles au cinéma pour se réduire à un univers proche de la scène. Le Huis clos est ancré dans le septième art depuis des années comme étant un véritable sous-genre cinématographique à part entière, grâce notamment à cette manière subtile qu'il a de sublimer l'intime et le privé.


Douze Hommes en Colère respecte d'une main de maître les règles fondamentales d'un parfait huis clos, bien souvent cité comme étant la référence absolue du genre. Le rideau s'ouvre sur une salle d'audience qui traite d'un véritable drame familial. Un jeune homme, originaire d'un milieu pauvre, est accusé d'avoir assassiné son père en lui plantant un couteau dans le cœur. Les preuves sont formelles et accablantes. Les douze jurés se retirent alors dans la salle de délibération pour juger à l’unanimité de la culpabilité du jeune homme. S'il est prononcé coupable, ce dernier sera condamné à la chaise électrique. Dans un premier temps, la totalité des jurés sont persuadés que le jeune homme a bel et bien assassiné son père, excepté le juré numéro huit. Celui-ci est bien décidé à ne pas être responsable de la mort de l'accusé, sans avoir pris le temps d'en discuter sérieusement. S'ensuivent alors une incroyable remise en question générale et une féroce bousculade de convictions. 

 
Le premier long-métrage de Sidney Lumet persiste et signe après plus de soixante ans en traversant les années et en conservant son unicité et sa légende. Toute la force du film réside dans les personnages qui nous offrent un florilège de personnalités remarquablement bien étudiées. Les douze hommes aux origines sociales variées, sont tous différents, cependant chacun a son rôle à jouer quant à l'avancée de la délibération. Les interventions des uns et des autres pour convaincre l'assemblée sont subtilement menées et mettent en avant une véritable bataille entre les influents et les influençables. L'objectif même du film n'est pas réellement de connaître la culpabilité ou l'innocence de l'accusé, mais bel et bien d'analyser les différentes réactions des jurés. Sidney Lumet en véritable chef d'orchestre, nous montre à quel point l'humanité et la force de conviction d'un seul homme peut parfois tout faire basculer et mettre en doute des certitudes personnelles.



Douze Hommes en Colère tient son public en haleine et ne perd pas de son intensité durant quatre-vingt-quinze minutes de film. Le suspense est acharné pendant que les indécisions et les remises en question surplombent les esprits. Le spectateur devient donc le treizième juré et se retrouvent à s'interroger en même temps que les douze hommes qui débattent sur la culpabilité du jeune accusé. La morale de l'histoire s'installe alors ; le dénouement d'une vie peut-elle se décider sur un seul mot : « coupable » ? Avec son œuvre, Sidney Lumet marque au fer rouge l'histoire du cinéma et prouve que le Huis clos est un procédé riche et intense malgré une certaine simplicité. Henry Fonda crève l'écran et porte le film dans son rôle d'agitateur d'esprits, grâce notamment à son charisme légendaire et son jeu qui frôle la perfection. 


Douze Hommes en Colère est un plaidoyer en faveur de l'abolition de la peine de mort qui dénonce l'égoïsme détaché de certains à pouvoir envoyer un accusé à la mort, sans états-d'âme, ni prise de temps. Un véritable diamant brut qui n'a pas perdu de son éclat, coupable d'être un parfait chef-d’œuvre éternel. 


Marion
  
 

Marion critique

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