Jonathan

[TOUCHE PAS NON PLUS À MES 90ϟs] : #68. Liar Liar

Copyright Universal Pictures

Nous sommes tous un peu nostalgique de ce que l'on considère, parfois à raison, comme l'une des plus plaisantes époques de l'industrie cinématographique : le cinéma béni des 90's, avec ses petits bijoux, ses séries B burnées et ses savoureux (si...) nanars.
Une époque de tous les possibles où les héros étaient des humains qui ne se balladaient pas tous en collants, qui ne réalisaient pas leurs prouesses à coups d'effets spéciaux et de fonds verts, une époque où les petits studios venaient jouer dans la même cour que les grosses majors légendaires, où les enfants et l'imaginaire avaient leurs mots à dire,...
Bref, les 90's c'était bien, tout comme les 90's, voilà pourquoi on se fait le petit plaisir de créer une section où l'on ne parle QUE de ça et ce, sans la moindre modération.
Alors attachez bien vos ceintures, prenez votre ticket magique, votre spray anti-Dinos et la pillule rouge de Morpheus : on se replonge illico dans les années 90 !




#68. Menteur, Menteur de Tom Shadyac (1997)

En l'espace de quatre petites années au coeur des 90's, le vénéré Jim Carrey semblait avoir vécu toutes les facettes de la célébrité fugace Hollywoodienne, du hold-up improbable après des années de galère (Ace Ventura, Détective Animalier), aux hits de confirmation (The Mask et Dumb and Dumber), en passant par la suite de trop (Ace Ventura en Afrique), le blockbuster indéfendable (Batman Forever) et même la prise de risque extrême injustement boudée par le public (Disjoncté, sans doute le film épousant le plus justement, la face sombre et tragique de son humour); et c'est sans doute ce constat assez fou qui le poussera à véritablement changer de braquet, pour mieux se diversifier et plonger tête la première dans le drame, avec une certaine réussite (le trio magique The Truman Show/Man on The Moon/The Majestic), passé une dernière comédie facile, vouée entièrement à ses facéties : Menteur, Menteur.

Copyright Universal Pictures

Tel un Jackie Chan de l'humour US, qui lui aussi a vite vu ses prouesses - physiques en ce qui le concerne - banalisées à outrance par l'industrie (fun fact : les deux voyaient également leurs films se terminer par des prises " gags " dans le générique de fin), Carrey s'échinait donc à faire vivre une histoire qui, sans lui et ses capacités d'improvisation bigger than life, aurait un pouvoir attractif aussi imposant que encéphalogramme de la grenouille : un avocat populaire et salement baragouineur sur les bords qui, la faute à voeu d'anniversaire de son rejeton (qui en a marre qu'il ne tienne jamais ses promesses), ne peut plus mentir pendant vingt-quatre heures.
Ce qui salope gentiment sa carrière, mais pas ses rapports familiaux, notamment avec son ex-femme qui, heureux hasard, décide justement de profiter de cette journée pour partir vivre à l'autre bout du pays avec son nouveau compagnon/wannabe futur mari.
Sévèrement exempt de tout drame humain, balayé en un souffle scénaristique comme la mousse d'une bière pas fraîche, le film mise toute, mais alors vraiment toute, sa substance dans le tour de force de Carrey, qui se débat tel un tourteau dans une marmite d'eau bouillante, et délivre un jeu de slapstick turbocompressé à la lisière de l'AVC constant; entre aplatissement de visage avec un siège de toilette, contorsions angoissées et critiques pour tenter - en vain - de se débarrasser des contrevérités qu'il ne peut s'empêcher de s'exprimer, ou encore de multiples monologues hurlés ou grimacés (notamment à ses clients, à qui il supplie de mentir à sa place).
Les efforts sont immenses et téméraires (mais surtout plus improvisés et moins intelligemment canalisés/usés que pour Disjoncté, Shadyac n'étant pas Stiller...), et force est d'avouer que cet abattage constant lié à une écriture (uniquement) doué dans l'humour et l'exploitation à outrance de son (fragile) concept, font majoritairement mouche et rendent même la séance plus que plaisante à suivre, même si elle s'avère sensiblement inférieur à tout ce que Carrey avait pu nous offrir jusqu'alors - en omettant la catastrophe fluo et Gotham-esque de Joel Schumacher.

Copyright Universal Pictures

Mais il ne faut pas mal interpréter non plus cet avis (signé par un amoureux inconditionnel du comédien, parole d'honneur), Menteur, Menteur n'est clairement pas un mauvais film, loin de là, et il réussit même mieux que bien là ou il s'échine modestement à exceller - l'humour hybride potacho-mainstream, il est vrai souvent hilarant -, mais avec plus de rigueur/ambition scénaristique, il aurait sans doute permit au grand Jim, d'opérer une transition tout en douceur de comédien physique pur à la Jerry Lewis, à quelque chose de plus virtuose et délicat.
Une transition qui se fera magnifiquement un an plus tard chez Peter Weir (The Truman Show ♡), et encore plus il y a une poignée de mois avec la merveilleuse Kidding, qui mérite tous les louanges possibles.


Jonathan Chevrier

John Chevrier

0 commentaires:

Publier un commentaire

Fourni par Blogger.