Critiques

[CRITIQUE] : La Terre et le Sang


Réalisateur : Julien Leclercq
Acteurs : Sami Bouajlia, Caroline Weyers, Sami Senghor, Eriq Ebouaney, Sofia Lesafre,...
Distributeur : Netflix France
Budget : -
Genre : Action, Drame.
Nationalité : Français, Belge.
Durée : 1h20min.

Synopsis :
Après sa fille de 18 ans Sarah, sa scierie familiale représente toute la vie de Said. Pendant des années, il a difficilement maintenu à flot son entreprise, principalement pour ses employés, tous des anciens détenus et jeunes en réinsertion ; jusqu'au jour où l'un d'eux se sert de la scierie pour cacher une voiture bourrée de drogue. Lorsque le cartel auquel elle appartient débarque dans la scierie, Saïd et Sarah vont devoir tout faire pour la protéger. Ils ont un avantage : cette scierie c'est leur terre, ils en connaissent les moindres recoins…




Critique :



Honnête artisan du cinéma burné made in France, Julien Leclerc (les plus ou moins inspirés Chrysalis et L'Assaut, le très réussi Gibraltar, les nerveux Braqueurs et Lukas), passe du côté de Netflix histoire de bousculer une production hexagonale sur la plateforme, loin d'être mémorable - pour être poli -, et de proposer une bonne détente pour nos rétines avec un actionner qui envoie juste ce qu'il faut de plaisir régressif pour égayer notre confinement; le tout avec le fidèle et exceptionnel Sami Bouajila en rôle-titre.

Copyright Netflix

Méchamment référencé au cinéma ricain - sans que cela soit trop marqué non plus - mais surtout pas si éloigné de ses précédents essais (Braqueurs surtout), bien plus dense que la majorité des péloches énervées hexagonales, usant parfaitement de la fragilité évidente de son scénario pour offrir un divertissement ramassé et maitrisé, La Terre et le Sang est un polar prenant et tendu comme la ficelle d'un string (et au sous-texte social assez étonnant), à la violence aussi intense que frontale, entre le film de casse bouillant et le western rural/forestier qui sent bon la cendre et le sang.
Solide et précis dans sa narration (comme pour Braqueurs et Lukas, zéro bout de gras et on ne dépasse pas l'heure et demie), empathique grâce à une caractérisation des personnages assez affûtée même si un poil plombés par quelques maladresses pas toujours bien senties (si la notion de morale est toujours joliment ambiguë, l'utilisation un peu lourde des thèmes du sacrifice et de l'honneur elle, était déjà maladroitement avancée dans ses précédents longs), le métrage est un pur actionner convaincant, énergique et porté par une vraie envie d'offrir un moment de cinéma bien de chez nous qui dépote.
La caméra de Leclerc privilégie autant l'action percutante et les shots d'adrénalines que la mise en image fine et originale d'une prise d'assaut over the top dans un cadre inédit, au point que cela nous rappellerait presque au bon souvenir du furieux et ramassé Nid de Guêpes de Florent-Emilio Siri (ou ses protagonistes étaient eux aussi, engoncés dans une réalité sans espoir, même avant le casse qui tournera mal).

Copyright Netflix

Vu le rendu final, un actionner/western authentique et bestial, un pur B movie immersif et sec comme un coup de trique, mené tambour battant et allant constamment à l'essentiel; on ne peut que féliciter ce choix, et surtout se ruer dessus, avec la satisfaction d'en prendre (vraiment) plein la poire, et pas uniquement dans le feu de l'action.


Jonathan Chevrier




John Chevrier

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