Charmed

[FUCKING SERIES] : Charmed 2018 : Le pouvoir des trois est-il toujours aussi puissant ?


(Notre critique - avec spoilers - du serie premiere du show)



À une heure où la télévision américaine ne cache même plus son manque cruelle d'originalité en rebootant/remakant tout ce qui bouge et incarne un minimum, un produit populaire au succès avéré, il n'y avait donc (presque) rien d'étonnant à voir la kitschissime série Charmed (dont les effets autant que la facture, ont cruellement mal vieilli), passer à la moulinette de la relecture moderne, douze ans à peine après son extinction sur feu la chaîne The Warner Bros; chaîne depuis devenue The CW et qui, oh miracle, s'occupe justement de se ravalement de façade pas forcément désiré mais clairement attendu au tournant (n'oublions pas que le reboot/remake de Roswell arrive d'ici janvier prochain).
Jouant habilement la carte de la diversité avec un casting vedette hétéroclite et talentueux (Melonie Diaz, Sarah Jeffery et Madeleine " Into The Badlands " Mantock), Charmed 2.0 s'écarte gentiment du pitch d'origine - de quelques pas, pas plus - sans pour autant plonger tête la première dans la marmite de l'originalité, en réunissant les trois soeurs Vega - et non plus Halliwell - plus que rapidement (on passera sous silence le raccourci très rapide de la demi-soeur Macy, pour retrouver ses proches) face à leur destin de sorcières, et au développement totalement improbable de leurs pouvoirs car " Nothing is stronger than their sisterhood ".
Pourquoi pas après tout, autant tailler clairement dans le vif du sujet puisque l'histoire est plus ou moins connu de tous.


Le hic c'est qu'outre se perdre dans une écriture des personnages boursoufflée par les clichés caricaturaux à mort (là où chacun partait pourtant, sur une vraie intention d'offrir des visages un minimum plaisant à suivre), cette relecture moderne du show n'apporte décemment rien, outre quelques références actuelles et un discours résolument plus féministe (pas un mal en soi, si le propos est usé avec intelligence ce qui n'est pour le moment pas réellement le cas), à la version des 90's, et même l'exploitation de leur don, plutôt charnière pour un reboot, est expédiée avec un humour forcé et au ras des pâquerettes.
Pire, même dans ses effets, cheap au possible, la version 2018 peine à rendre sa facture plus lechée que son illustre ainé.
Avec une intrigue expédiée en deux temps, trois mouvements (le décès de la mère des héroïnes, leurs retrouvailles, la connaissance de leur background, l'apprentissage de leurs pouvoirs et les premiers démons tués, tout est quasiment bouclé avant même la fin de l'épisode), les nouvelles aventures des " Charmed Ones ", pas étonné plus que cela de leur statut de sorcières surpuissantes et flanquée d'un être de lumière déjà agaçant (Harry, loin du gentil Leo original), commencent plus que mal, surtout qu'aucune véritable alchimie ne se dégage du trio d'actrices - et encore moins une quelconque empathie de la part du spectateur.


Un pilote bâclé donc - et le mot est faible - (un two-hours season premiere aurait été moins expéditif et bien plus maitrisé), qui nous fait étrangement regretter la version originale, mais il faudra décemment laisser du temps à ce reboot pour voir si oui ou non, il légitimera pleinement son entreprise puisqu'il a, malgré tout, le potentiel de se relever au fil des épisodes.
On ne pariera pas toutes nos économies dessus, mais gageons qu'il ne serait pas le premier show à boiter dès ses débuts, avant qu'il ne trouve un rythme de croisière pleinement divertissant et plaisant à suivre.
Wait and see donc...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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