Critiques

[CRITIQUE] : Rafiki


Réalisateur : Wanuri Kahiu
Acteurs : Samantha Mugatsia, Sheila Munyiva, Dennis Musyoka,...
Distributeur : Météore Films
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Sud-africain, Kenyan, Français, Néerlandais, Allemand.
Durée : 1h22min.

Synopsis :
À Nairobi, Kena et Ziki mènent deux vies de jeunes lycéennes bien différentes, mais cherchent chacune à leur façon à poursuivre leurs rêves. Leurs chemins se croisent en pleine campagne électorale au cours de laquelle s’affrontent leurs pères respectifs. Attirées l’une vers l’autre dans une société kenyane conservatrice, les deux jeunes femmes vont être contraintes de choisir entre amour et sécurité...



Critique :


Avant même sa projection à Cannes, Rafiki était appelé, au-delà de sa potentielle qualité et au-delà même de son accueil tiède ou enflammée de la Croisette, à être une péloche qui marquera autant son temps que les esprits, par son statut de pionnier.
Premier film kenyan sélectionné en compétition officielle à Cannes (et interdit de sortie dans son propre pays), le film compte une love-story entre femmes, deux lycéennes filles de deux opposants politiques, vivant dans une société kenyane très conservatrice (et ou l'intolérance face à l'homosexualité est... furieuse et violente), le tout au sein d'une intrigue qui affirme sans trop le masquer, son apparenté à l'oeuvre phare de William Shakespeare, Roméo et Juliette; sommet absolu des romances interdites.



Vrai coming of age movie à l'énergie pop férocement communicative et visuellement inspirée (la photographie colorée, couplée à l'ambiance du cadre de Nairobi, fait un malheur), tout autant qu'il est une sincère chronique contemporaine (entre le film social africain et le wannabe teen movie indé US), le second long-métrage de la réalisatrice Wanuri Kahiu, prenant gentiment son temps pour installer ses enjeux - simplistes pour le coup, malgré sa courte durée -, marque sensiblement la rétine autant pour l'universalité criante de son propos (le refus de conformisme de deux femmes voulant tout simplement vivre leur vie et leur passion), que la justesse de ton de cette épopée sentimentalo-sensuelle intime, délicate et emprunt d'une étonnante pureté, glissant lentement vers la tragédie.


Alors on pourra décemment lui reconnaître certains défauts (son académisme, son manque de consistance scénaristique,...), mais impossible de ne pas se laisser enivrer par Rafiki, jolie bulle de fraîcheur, de douceur et de fragilité, qui illuminera votre fin de rentrée ciné 2018.


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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