Critiques

[CRITIQUE] : Don't Worry, He Won't Get Far on Foot


Réalisateur : Gus Van Sant
Acteurs : Joaquin Phoenix, Rooney Mara, Jonah Hill, Jack Black,...
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Américain.
Durée : 2h06min.

Synopsis :
Même après avoir failli mourir dans un accident de la route lors d’une nuit de beuverie avec son ami Dexter, John Callahan n’a pas la moindre intention d’arrêter de boire. Il finit pourtant par suivre une cure de désintoxication, soutenu par sa compagne et un mentor charismatique, et se découvre alors un don inattendu… Il crée des dessins à l’humour noir, satirique et insolent, qui lui vaudront un succès international dès leur publication dans la presse. En dessinant, Callahan découvre une nouvelle manière de voir la vie…




Critique :




Et si Gus Van Sant avait définitivement perdu son mojo ?
La question se pose bien là, tant le bonhomme, clairement de la courte liste des cinéastes les plus importants du cinéma ricain de ses vingt dernières années, n'a rien cornaqué de majeur depuis dix ans et le formidable Harvey Milk, même si le doux Restless avait su nous séduire il y a quelques saisons de cela.
Pire, son dernier essai en date, Nos Souvenirs, épopée mystico-grotesque façon survival pesant à la naïveté/mièvrerie presque ridicule (notamment son final, à la lourdeur dispensable), rarement transcendé par une mise en scène impersonnelle et sans grande fulgurance, avait même été conspué à Cannes.



Et, malgré son pitch accrocheur - inspiré d'une histoire vraie - et son luxueux casting, Don't Worry, He Won't Get Far on Foot, ne viendra pas redresser la lente chute en avant d'un cinéma jadis enivrant.
Biopic du caricaturiste John Callahan, retraçant les grandes étapes de sa décadente et tourmentée existence au sein d'un canevas volontairement impersonnel et brouillon, Don't Worry... ne dépasse jamais le terrain balisé de la chronique mi-ennuyeuse, mi-touchante sur la quête de rédemption d'un homme baladé par une chienne de vie.
Une histoire bigger than life mais rarement célébrée à sa juste valeur, dans laquelle Joaquin Phoenix se bat comme il peut pour donner vie à un personnage aussi empathique qu'il est marginal, qui saura judicieusement " profiter " de son parcours chaotique (paralysie totale, lutte constante contre l'alcoolisme,...) pour façonner sa légende artistique - dont l'humour noir ne transparaît jamais vraiment à l'écran.



Peu inspiré et littéralement en pilote automatique, Van Sant ne transcende jamais son oeuvre - qui transpire le déjà-vu à plein nez -, ni ses personnages (tous sacrifiés, d'une Rooney Mara à la présence fantomatique en passant par un Jonah Hill physiquement transformé mais totalement sous-utilisé), et concocte un drame indé lambda, peu original et rythmé avec les pieds, pourtant centré sur une figure artistique à la créativité débordante.
Le papa de Will Hunting n'a semble t-il rien de bien beau à nous raconter ses derniers temps, et le pire c'est qu'il ne se cache même plus pour le montrer...


Jonathan Chevrier



John Chevrier

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