Critiques

[CRITIQUE] : Ghost in The Shell


Réalisateur : Rupert Sanders
Acteurs : Scarlett Johansson, Takeshi Kitano, Pilou Asbaek, Juliette Binoche, Michael Pitt,...
Distributeur : Paramount Pictures France
Budget : -
Genre : Action, Science-Fiction.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h47min.

Synopsis :
Dans un futur proche, le Major est unique en son genre: humaine sauvée d’un terrible accident, son corps aux capacités cybernétiques lui permet de lutter contre les plus dangereux criminels. Face à une menace d’un nouveau genre qui permet de pirater et de contrôler les esprits, le Major est la seule à pouvoir la combattre. Alors qu’elle s’apprête à affronter ce nouvel ennemi, elle découvre qu’on lui a menti : sa vie n’a pas été sauvée, on la lui a volée. Rien ne l’arrêtera pour comprendre son passé, trouver les responsables et les empêcher de recommencer avec d’autres.



Critique :


Petit retour en arrière.
La Warner s'était déjà tenté à l'adaptation live d'un animé nippon culte de chez culte : on se rappelle tous du calvaire Akira de Katsuhiro Otomo, projet hautement douteux qui serait malheureusement en bonne voie pour renaitre dans un futur plus ou moins proche (mais que l'on pisse sur ses cendres bordel, histoire qu'il soit bien mort pour de bon...).
Malgré cette douloureuse - et risible - déconvenue, Hollywood s'est entêtée et c'est par le biais de la Paramount que cette folie furieuse persista.


Nouvelle abomination, la major s'est mis en tête de toucher à l'autre oeuvre phare intouchable de la japanimation, Ghost in The Shell de Mamoru Oshii, que le scénariste William Wheeler a passer sous la moulinette, tandis que Rupert Sanders (le plus ou moins correct Blanche-Neige et le Chasseur) s'est attaché à le mettre en scène.
Si l'ombre de l'incident industriel - pour être poli - Dragon Ball Evolution planait lourdement au-dessus de la tête du projet depuis ses prémisses, et que la plastique avantageuse de la sublime Scarlett Johansson ne pouvait décemment servir de cache-misère solide à l'entreprise en cas de sortie de route colossale (aussi sensible que l'on puisse être, de la jolie madame); force est d'avouer que, aussi surprenant que cela puisse paraître, ce remake live-action de Ghost in The Shell est bien loin du désastre redouté : mieux, il est même plus que défendable dans son envie de rendre un bel hommage à la richesse incroyable du film de Oshii, tout en le réinterprétant avec respect et sincérité.


Même s'il n'a évidemment pas entièrement les moyens de ses ambitions, Sanders retranscrit fidèlement l'univers über complexe qui faisait l'ADN unique de Ghost..., par la force d'une direction artistique incroyable de précision (même le score du duo Clint Mansell/Lorne Balfe envoie du lourd), sublimant une mise en scène énergique et carré dans l'action.
Alors évidemment, Hollywood-isation oblige, si on perd en cours de trajet la puissance philosophique/métaphysique fascinante de l’œuvre mère (sur la relation entre humains et robots), flanquée à la cave au profit d'une intrigue aux enjeux simplifiés - voir un poil superficiel - et rarement approfondis (que dire du dernier acte expéditif...), inhérent à tout blockbuster produit outre-Atlantique; en revanche, on peut saluer l'idée, intelligente, de Sanders de vouloir se jouer de la polémique du whitewashing avec l'engagement de la belle Scarlett, pour mieux croquer un questionnement sur la quête identitaire aussi improbable que joliment pertinent.


Film faussement moderne, fétichiste - mais pas que - et un poil poseur, solidement mis en scène et interprété (Pilou Asbaek et l'immense Takeshi Kitano en tête), Ghost in The Shell est une américanisation honnête et franchement divertissante, d'une oeuvre charnière qui aura été sauvagement pillée par le cinéma SF de ces vingt dernières années (Matrix en tête); un remake volontairement léger et mainstream, mais formellement fou et captivant.
Frustrant pour beaucoup, qui le considéreront - à raison - comme une version simpliste et faiblarde du film d'Oshii, ce premier opus, qui appelle clairement à devenir une franchise en cas de succès, mérite tout de même l'indulgence, surtout quand on connait la manie détestable d'Hollywood la Putain, a souvent saccagé nos cultes...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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