[FUCKING SERIES] : Chad Powers saison 2 : Back and better
(Critique - avec spoilers - de la saison 2)
La première saison de Chad Powers nous avait intrigué, bien portée par le capital sympathie d’un Glen Powell qui s’amusait totalement avec ce personnage et les possibilités de cette autre identité, notamment dans ses doutes d’accomplissements personnels. L’aspect improvisation qui soulignait la fragilité de ce récit réussissait à maintenir un fil tendu tout du long sur un postulat comique qui se détournait peu à peu de la comédie pure vendue çà et là. C’est peut-être pour cela que cette deuxième saison risque de décontenancer, assumant totalement une dramaturgie plus solide que les épisodes précédents, avec ce que cela implique de construction autre.
![]() |
| Copyright Disney+ |
Dès les premières minutes, la question de la double identité est recentrée avec cette omniprésence de masques à l’effigie du quarterback star, renvoyant à la nature faussée de son héroïsme sportif. L’idée n’est pas neuve évidemment mais cette récurrence visuelle s’avère pertinente quand elle sera détournée, que ce soit par notre personnage titre qui contemple son imagerie factice ou quand l’objet sera réapproprié pour souligner le mal-être d’un autre protagoniste. Tout du long, on pourra s’interroger sur ce reflet constant d’une imagerie qui n’est jamais réellement contrôlée, que ce soit par les imprévus de maquillage ou tout simplement la résonnance médiatique du sportif avec les implications attendues chez ses collègues.
Là, les six épisodes trouvent un bon fil directeur, amenant moins un humour direct qu’une sensation de mal-être plus palpable : celle du sportif qui, par son alter ego idiot et idéalisé, se rend compte de celui qu’il ne parvient pas à être, malgré son ambition. L’approche permet de densifier un peu plus les personnages et permet de mieux faire graviter ses protagonistes secondaires, notamment par des arcs plus proches et cloisonnant moins leurs directions. Il est moins question de cynisme dans l’approche (bien qu’il reste dans le traitement de la supercherie) que de réinterroger le protagoniste jusque dans des moments plus intimes qui fonctionnent étonnamment mieux dans le drame que dans la comédie.
![]() |
| Copyright Disney+ |
Le côté faussement lumineux de la première saison n’a désormais plus cours dans cette seconde salve de Chad Powers, toujours bien construite mais mieux resserrée autour de ses protagonistes. Cela leur donne plus de chair mais aussi plus d’enjeux et de strates narratives qui devraient totalement exploser par les promesses de sa conclusion. On croit pleinement au touchdown au vu de la sensation de sympathie que nous laisse encore la série, tout en se trouvant un centre de gravité mieux ajusté visuellement comme narrativement.
Liam Debruel



.jpg)






