[CRITIQUE] : Mum, I'm Alien Pregnant
Réalisateurs : Sean Wallace et Jordan Windsor
Acteurs : Hannah Lynch, Yvette Parsons, Arlo Green, Jackie van Beek,...
Distributeur : -
Budget : -
Genre : Comédie, Épouvante-horreur.
Nationalité : Néo-zélandais.
Durée : 1h35min.
Synopsis :
Mary rencontre un jeune homme doté d’un pénis extraterrestre. Tombant enceinte, elle va devoir faire face à plusieurs monstruosités: sa grossesse, le regard des autres, le milieu médical... et sa mère !
Quoi de mieux pour un cinéphile à la nostalgie facile à flatter (soyons honnêtes, nous le sommes tous un minimum...), que de voir débarquer dans une sélection de l'Étrange Festival cuvée 2026 férocement chargée, une proposition gentiment régressive et irrévérencieuse tout droit sortie des 80s/90s, qui semble titiller nos penchants déviants tout en ne se prenant jamais au sérieux ?
Sur le papier, Mum, I'm Alien Pregnant (titre de film le plus accrocheur de récente mémoire, prolongement de leur court-métrage Thunderlips) d'un tandem Sean Wallace et Jordan Windsor peut-être un poil trop écrasé par leur héritage néo-zélandais (le fantôme freaks de tonton Peter Jackson hante la moindre parcelle de la production horrifique locale), semblait répondre totalement à cette annonce, elle qui assume totalement son identité de pure comédie déjantée - avec un (très) gros doigt de body horror visqueux et dégoulinant - et totalement consciente d'elle-même, et qui ne prétend jamais péter plus haut que sa propre pellicule, tout en convoquant une époque révolue où le divertissement moyen avait encore sa place dans les multiplexes.
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| Frances Carter / Indie Wire |
Clairement notre type de came donc... sauf qu'il y a une sacrée couille (justement) dans le pâté qui rend cette odyssée déglinguée excessivement vulgaire et dépravée aux effets pratiques artisanaux (une denrée rare), un poil indigeste même pour les spectateurs les moins exigeants : sa propension à privilégier le délire (lourd) à la vraisemblance, le rythme à la substance.
Partant d'un pitch plutôt génial (une jeune femme gentiment dans la trentaine et pas vraiment apte à être indépendante - elle vit encore chez sa mère -, rompt son isolement volontaire un soir de lessive en rencontrant Boo, un lascar dans la même situation sociale qu'elle, mais avec une petite particularité : il est le fruit d'une fécondation extraterrestre suite à l'enlèvement de sa mère et, bonne nouvelle, ses organes génitaux vont inséminer Mary qui va connaître une grossesse aussi dramatique qu'expéditive), le film perd toute son énergie passé une première moitié plutôt entraînante, s'enfermant dans le cercle redondant et infernal d'une horreur grotesque et craspec qui use sur la durée, atténuant les bons points d'une narration qui a de belles intentions chevillées à la pellicule (une jolie, même si grotesque, réflexion sur l'horreur d'une grossesse indésirée - et, par extension, sur l'avortement -, renforcée par la prestation poignante d'une Hannah Lynch tout en frustrations), malgré ses maladresses criantes (des personnages bien trop taillés à la serpe pour leur bien en tête).
Le cinéma d'horreur gore néo-zélandais a toujours du mordant donc, mais surtout une dentition férocement vulnérable...
Jonathan Chevrier


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