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[CRITIQUE] : The Runner


Réalisateur : Kevin Macdonald
Acteurs : Gal Gadot, Damian Lewis, Rory Wilmot,...
Distributeur : Amazon Prime Vidéo France
Budget : -
Genre : Thriller, Action.
Nationalité : Britannique.
Durée : 1h24min.

Synopsis :
Afin de sauver son fils kidnappé, une avocate doit suivre les ordres cryptiques d'un mystérieux interlocuteur au milieu de Londres.




Assez dingue de se dire que le meilleur film de la filmographie de Gal Gadot, est un blockbuster rutillant où elle n'est qu'un second role (Fast Five), issue d'une franchise qui ne brille pas particulièrement, pour l'écriture (prenez d'immenses guillemets) de ses personnages féminins (ne citez pas Wonder Woman, respectez-vous un minimum).
Enchaînant les apocalypses créatives avec une gourmandise qui frise lourdement avec l'indécence (même quand elle pense s'attacher à un film d'auteur censé flatter la critique, cf le calamiteux In The Hand of Dante de Julian Schnabel), elle est désormais quasiment cartonnée - ou presque - à des divertissements de plateformes produits pour être aussi vite vus qu'oubliés, tant ils n'arrivent jamais à répondre à leurs velléités de franchises (coucou Red Notice, Agent Stone,...).

Copyright Amazon MGM Studios

Comme The Runner, estampillé nouveau long-métrage d'un Kevin Macdonald qui n'a strictement rien à foutre là, dont le pitch, qui louche un peu trop lourdement sur le chouette Meurtre en suspens de John Badham, ne laissait pas réellement de doute sur le fait que les serveurs du siège social de chez Amazon MGM Studios ne semblaient pas trop avoir surchauffé, en dégainant une popote algorithmique aussi familière que facile.
Et même s'il ne faut pas juger un livre (film) sur sa couverture (affiche), force est d'admettre que cette quantité astronomique de cases cochées ici, couplé à un titre propice à titiller le moindre moteur de mots clés, ne pouvait mener qu'à du cousu main jetable et à peine recyclable, même avec la meilleur des volontés dans son exécution (et Macdonald y met du sien pourtant, vraiment, à travers un montage savamment saccadé et plusieurs angles de caméras singuliers, qui profitent des quelques effets stylistiques signés par le DOP Anthony Dod Mantle).

Sans surprise, le film répond parfaitement à cette définition avec même un bon gros bout de gras supplémentaire, thriller limité et limitant arraché sans envie aux années 90, qui ne dépasse jamais les carences d'un concept à bout de souffle dès son premier sprint (une avocate spécialisée dans la lutte contre les violences faites aux femmes à Londres, apprend, en plein jogging, que son fils a été kidnappé par un mystérieux interlocuteur dont elle va devoir suivre les directives sans broncher : en gros liquider un témoin clé dans un procès) et qui, ironiquement, faconné pour souligner toutes les fragilités du jeu (rachitique et sans nuance) de Gal Gadot, dont la seule justesse réside dans une physicalité binaire : sauter, courir vite où en trottinant (finalement si, il y a de la nuance...), pour maintenir l'illusion avant que tout ne s'effondre au moindre dialogue où à la moindre tentative d'exprimer une émotion.

Copyright Amazon MGM Studios

Pire, au-delà de maladroitement vouloir étoffer sa maigre caractérisation de personnages entre chaque légers temps morts (le film dépasse à peine les quatre-vingt minutes de bobines), comme de privilégier la carte de l'absurde pour empiler les rebondissements faisandés (même si elle est maladroite, au moins, son héroïne bosse méchamment son cardio), se part d'un risible discours anti-technologie caca-boudin (taper sur notre dépendance excessive à la technologie et son omniprésence dans nos vies hyperconnectées, quand bien même son héroïne y stocke littéralement TOUTE sa vie, à un stade à limite de l'inconscience pour une avicate censée être brillante), qui enduit encore un peu plus le moindre de ses petits plaisirs simple (même son final est tout sauf satisfaisant), dans un goudron de paresse et d'apathie.

Et on est bon client pourtant... habituellement.


Jonathan Chevrier