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[CRITIQUE] : Bad Haircut


Réalisateur : Kyle Mysak
Acteurs : Spencer Harrison Levin, Frankie Ray, Nora Freetly, Beau Minniear, R. J. Beaubrun,...
Distributeur : -
Budget : -
Genre : Comédie, Épouvante-horreur, Romance.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h49min.

Synopsis :
Billy galère avec les filles. Billy se trouve moche. Ce dont il a besoin, c’est clairement d’une nouvelle coupe ! Sur les conseils de ses deux potes – mais à contrecœur – , il se rend chez leur coiffeur fétiche et ne tarde pas à comprendre qu’il s’agit d’un psychopathe.



Avec le giron du teen movie, plus encore que pour n'importe quel autre genre, certains films fonctionnent mieux que d'autres sur les différents spectateurs, distillant un attachement voire même une authentification presque instantanée, ce petit quelque chose d'inexplicable qui fait que l'on se sente bien aux côtés de personnages qui nous parlent, nous ramènent à une époque bénie où tout était si ce n'est plus beau, au moins plus simple - et sensiblement plus tourné autour de nos hormones.

Alors évidemment, il y a des efforts plus discutables que la moyenne, certains jouant un peu moins la carte des émotions (artificiels comme authentiques) pour privilégier une accumulation de sketchs potacho-décomplexés pas toujours de bon goût (pour être poli), mais chaque génération à ses petits totems et quand bien même le dernier pic du genre remonte à loin (la fin des années 90 jusqu'au début des années 2000), quelques péloches viennent popper de temps en temps, histoire de nous rappeler à son bon souvenir voire même, parfois, nous surprendre - dans le bon sens du terme.

Film Seekers

Faites entrer le nouvel accusé donc, Bad Haircut de Kyle Mask, fraîchement sélectionné au coeur de la cuvée 2026 du - toujours - affûté Étrange Festival, qui s'échine a réciter avec une application et une dévotion certaines, le petit guide du rip-off timide et irrévérencieux de Supergrave, tout en agrémentant son récit initiatico-balisé d'une horreur psychologico-déjantée qui accentue encore plus ses penchants régressifs originels.
Un modeste bout de cinema généreux et déglingué qui assume merveilleusement ses maladresses et le moindre de ses débordement excentriques (même un humour qui tombe plus souvent à côté que dans le mille), comme la simplicité effarante de son pitch, qui s'attache aux aternoiements de Billy, un étudiant timide et complexé par son apparence, cherche à changer de tête pour séduire les femmes avec sa caboche et non les faire fuir avec sa maladresse : monumentale erreur, ses amis le pousse à se rendre chez Mick, le cousin Germain de Sweeney Todd looké comme un Iggy Pop desséché, un pur psychopathe imprévisible qui va lui faire regretter d'avoir voulu se rafraîchir la nuque.

Du bis so 80s absurde et sanglant (jusqu'au chouette score de Geoff Zanelli), s'amusant sans trop de profondeur sur les insécurités adolescentes et les pressions socialo-msculines toxiques (même au coeur des amitiés les plus sincères), tout en laissant Frankie Ray livrer un one man show dansant et macabre particulièrement dérangeant.
Typiquement le genre de séances dont tout festival horrifique à besoin.


Jonathan Chevrier