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[CRITIQUE] : Melpomène


Réalisatrice : Charlotte Dauphin
Acteurs : Charlotte Dauphin, Finnegan Oldfield, Andie MacDowell, Anouk Grinberg, Pascal Greggory,...
Distributeur : New Story
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Français.
Durée : 1h28min.

Synopsis :
Trente ans après la mort mystérieuse de sa mère, Marthe revient dans le sud de la France pour faire éclater la vérité. Mais plus elle s'approche de son passé, plus le réel semble lui échapper.




Il est le plus français des britanniques et inversement (oui, le genre de punchline tellement facile à décliner, qu'elle est obsolète au moment même où elle est écrite), mais avant tout et surtout une vraie gueule de cinéma, de celle qui marque la rétine, qui prend de la place par sa présence, peut-être pas forcément bestiale mais vivante, vibrante.
Une gueule oui, de celles que l'on oublie pas et, encore plus, quand elles ne sont pas censés voler la vedette.

Car il la vole, Finnegan Oldfield, la vedette,  peut-être inconsciemment au départ (il est même tombé dans le bain du métier par pur hasard), que ce soit du côté de la vieille garde (Tony Gatlif, Anne Fontaine, Stephane Brizé, Éric Barbier, Michel Hazanavicius) que de la jeune (Sébastien Vaniček, Alice Winocour, Clément Cogitore, Naël Marandin, Katell Quillévéré, Fanny Liatard et Jérémy Trouilh), même s'il semble désormais totalement conscient de cette aura qui, au fil du temps, s'épaissit, se bonifie comme une excellente cuvée de picrate qui tabasse les papilles.

Copyright New Story

C'est au détour d'une présence plus où moins marquée au coeur de la distribution la plus hétéroclite du moment (imaginez un Robert Pires qui a quitter les terrains de foot pour muscler son jeu sur grand écran, accompagnés de la trop rare Andie Macdowell, de Pascal Greggory et de Anouk Grinberg : Kamoulox), qu'on le retrouve en cette fin de rentrée, celle du second long-métrage écrit, réalisé et incarné par le couteau suisse Charlotte Dauphin (le très irritant L'Autre), Melpomène (muse de la tragédie, du chant et de l'harmonie musicale dans la mythologie grecque, instant Wikipedia), exploration confuse et figée de la thématique - excessivement dense - du deuil et de son acceptation mais également de la schizophrénie, au détour de celui insondable et nébuleux d'une jeune femme qui, trente ans après la disparition mystérieuse de sa mère, s'aventure dans le sud de la France bourgeois pour faire éclater la vérité, mais va lentement mais sûrement perdre le sens des réalités.

Jouant maladroitement la carte d'une intrigue non-linéaire et elliptique imbibée d'onirisme (renforcée autant par le joli score de Michel-Ange Merino, que la sublime photographie de Remko Schnorr), bardé de personnages aussi vite présentés que bazardés (et auquel on peine sensiblement à s'attacher... comme sa figure centrale), le film incarne in fine un vertige moins insaisissable que douloureusement frustrant, d'autant que Dauphin fait preuve d'une sacrée maîtrise formelle et un réel sens du cadre.
Une déception donc.


Jonathan Chevrier