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[CRITIQUE] : Bury The Devil


Réalisateur : Adam O'Brien
Acteurs : Dawn Ford, Emmanuelle Lussier-Martinez, Bill Rowat,...
Distributeur : Shadowz
Budget : -
Genre : Épouvante-horreur.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h26min.

Synopsis :
Une infirmière découvre que son dernier patient pourrait cacher de sombres secrets.



Au nom du père (où plutôt de la mère) Hollywood, du fils dollars et des producteurs simples d'esprits, damn it...
S'il y a bien un sous-genre du cinéma horrifique dont la proposition ronronne tellement que l'encéphalogramme d'une grenouille paraît plus vivant que lui, c'est bien le film de possession et/où d'esprits démoniaques, dont les rares saillies originales au cours de la dernière décennie (on pourrait même remonter plus loin, restons un brin optimiste cela dit), se comptent sur les doigts d'une main méchamment amputée.

Un constat désespérant qui, néanmoins, permet d'aborder sans véritables attentes voire même de relativiser, la vision de toute péloche arpentant, même avec assurance et ambition, ce sous-genre de l'horreur d'autant que la comparaison avec le mètre étalon inégalable qu'est L'Exorciste de William Friedkin, est aussi inutile que contre-productive.

Copyright Brainstorm Media / Shadowz

Faites entrer le nouvel accusé donc, Bury The Devil d'Adam O'Brien, reprise tout en eau bénite séchée de tous les tropes du genre, sans jamais que l'écriture comme la mise en scène ne cherchent à en déceler ni comprendre les notions sociologiques et psychologiques, malgré une prouesse technique sensiblement aguicheuse : nous immerger en temps réel et en un seul plan-séquence de 75 minutes (enfin, officiellement, quelques trucages contredisent vite cette annonce), le calvaire de la première soirée d'une aide soignante s'occupant d'une septuagénaire atteinte de démence et en phase terminale.

Mais très (trop) vite, le film, qui ne se justifie même pas par sa propre singularité technique, s'enlise dans un rythme pachydermique autant qu'il se retrouve pieds et poings liés aussi bien sous le poids de tous les apparats les plus risibles et éculés du genre (malgré quelques effets pratiques pas dégueux), qu'il agrémente d'une mise en scène maladroite comme ce n'est pas permis (qui tente, comme son montage, de distiller une tension qui ne prend jamais vraiment), que de celui d'une narration faussement évasive et à la prévisibilité effarante - puisque sacrifiée pour son parti pris de mise en scène, comme la spontanéité du jeu de sa distribution.
Qu'on se le dise, à trop prendre Satan pour un con dans des productions d'opérette aux frissons fragiles, faudra pas pleurer s'il se rebiffe un de ses quatre...


Jonathan Chevrier