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[CRITIQUE/RESSORTIE] : Allons donc, papa !


Réalisateur : Vincente Minnelli
Avec : Spencer Tracy, Elizabeth Taylor, Joan Bennett,...
Distributeur : Swashbuckler Films
Budget : -
Genre : Comédie.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h22min

Date de sortie : 1er juin 1951
Date de ressortie : 19 août 2026

Synopsis :
Stanley, le père de la jeune mariée, est dans tous ses états. Un heureux évènement se prépare chez la famille Dunstan. Kay attend un bébé. Pour Stanley l'art d'être grand-père est une source de cauchemars tandis qu'Ellie, son épouse, s'en trouve bien aise et redouble de mondanités pour mettre toutes ses amies au courant.





Assez cocace de se dire que du roman Le Père de la mariée d'Edward Streeter, on se souvient plus de la - très - chouette adaptation de l'honnête faiseur Charles Shyer dégainé (en grande partie parce que Steve Martin y est juste génial... comme d'habitude), que celle des années 50 pourtant chapeauté par l'immense Vincente Minnelli avec le trio Spencer Tracy/Elizabeth Taylor/Joan Bennett, petite bijou de comédie satirico-familiale tourné au lendemain du fiévreux Madame Bovary, où le bonhomme effaçait volontairement la maestria de sa mise en scène derrière les rouages d'une balade comico-mélancolique d'un père gentiment conservateur préparant consciencieusement la cérémonie de mariage de la prunelle de ses yeux, entre questionnements existentiels (est-ce qu'elle a choisi le bon époux ?) et angoisses face à des préparatifs qui commencent à sérieusement faire péter son chéquier.

Du velours pour les amateurs du genre, pas forcément plus étoffé que la moyenne (écriture prévisible, personnages taillés à la serpe et/où caricaturaux, seconds couteaux invisibles où presque mais un humour plutôt complice et un montage suffisamment condensé pour ne pas trop tirer en longueur) et n'égratignant que très peu les valeurs familiales traditionnelles américaines, mais incarné avec corps et cœur pour faire suffisamment bien son office - même aujourd'hui.

Chapeautée un an plus tard et dans l'urgence en pleine prise de vues du magnifique Un Américain à Paris (vingt-deux jours seulement pour le mettre en boîte), sa suite sur le papier dispensable, Allons donc, papa ! s'inscrit dans la même lignée que son aîné  - une satire " mais pas trop " de la classe moyenne américaine - mais avec une ironie peut-être encore plus exacerbée, vissé qu'elle est sur les aléas du même père de la mariée (un Spencer Tracy toujours au sommet de ses capacités), patriarche ronchon à l'idée de devoir négocier avec le fait qu'il va bientôt devenir grand-père, alors que sa fille et son gendre n'ont de cesse de se disputer, et que sa femme semblent digérer ce nouveau statut familial définitivement mieux que lui.

On reprend la même distribution, la même structure narrative (en changeant le mariage par un bébé), le même type de mise en scène (fonctionnelle et tout juste illustrative) et les mêmes vulnérabilités d'écriture (la voix-off marquée, les personnages féminins sont toujours mal écrit), mais avec un humour qui fait sensiblement plus mouche, renforcé par une dernière moitié où le bébé débarque dans l'équation.
Ça ne casse pas trois pattes à un canard unijambiste donc mais la séance n'en reste pas moins agréable et concise (à peine 1h20 au compteur, montre en main), pas de quoi justifier sa vision au coeur d'un été cinéma méchamment riche en ressorties d'exception, quand bien même il supplante quelques-unes des nouveautés du moment qui défendent moins fièrement leur pesant de pop-corn...


Jonathan Chevrier