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[CRITIQUE] : Bombonera

Réalisatrice : Syrine Boulanouar
Avec : Soufiane Guerrab, Vimala Pons, Emma Boumali,...
Distributeur : Zinc Film
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Français.
Durée : 1h27min.

Synopsis :
Enzo, sans domicile, enchaîne les arnaques sur le dos de jeunes prodiges du ballon. Lors de la sélection des joueurs en vue d’un important tournoi de streetfoot dans son stade, il entrevoit un très grand potentiel en la personne de Lisa, 14 ans, jeune fille déterminée à devenir la première femme à jouer parmi des garçons…




Loin de la tendresse enthousiasmante d'un Ted Lasso (qui a pris un sacré coup dans les filets avec cette quatrième saison, on est d'accord), mais aussi et surtout (très) loin des gaudrioles d'un Fabien Oteniente qui a, sensiblement, fait du mal à la vision d'un football déjà pas très à l'aise sur grand écran (Trois zéros passait encore, mais Quatre zéros est, véritablement, un Grand Chelem de la honte fini à la pisse), Bombonera, estampillé premier long-métrage de la wannabe cinéaste Syrine Boulanouar, tend à ramener le foot cinématographique sur une pelouse qu'il avait sensiblement délaissé pour ses coulisses ces derniers temps (les excellents Mercato de Tristan Séguéla et Les Arènes de Camille Perton, qui jouait sur un terrain moins synthétique et définitivement plus casse-gueule : le milieu des agents de footballeurs), mais avec une nuance de taille : point de grands stades à l'horizon mais... les  terrains multisports où " city-stade " pour les moins formalistes d'entre-nous (on en fait partie, t'en fait pas) qui sont des architectures familières de nos quartiers, et un foot de rue rarement abordé à l'écran - en-dehors du dessin animé éponyme, les vrais savent.

Copyright Zinc

Entre le - plus où moins - drame sportif feel good et une - très légère - auscultation bienveillante de la vie en banlieue (même si sa peinture n'est, il est vrai, pas exempt de quelques clichés/maladresses), vissé sur un pitch pas moins prétexte qu'un autre (un homme, qui enchaîne les arnaques sur le dos de jeunes prodiges du ballon, entrevoit, lors de la sélection de joueurs en vue d’un important tournoi de foot de rue/streetfoot dans son stade, un très grand potentiel en Lisa, quatorze ans au compteur mais déterminée à devenir la première femme à jouer parmi des garçons) même s'il tire une corde sensiblement éculée (le football a beau être un milieu sensiblement masculin, il n'y a rien d'exceptionnel à voir des jeunes filles, en 2026, à y jouer et encore plus à être des prodiges), le film fait gentiment défiler sa balle à défaut de réellement réussir tous ses dribbles, les scènes de jeu plutôt bien chorégraphiés/tournés (malgré quelques ralentis superflus) peinant sensiblement à rattraper quelques errances discutables (les enjeux dramatiques de sa rigure centrale, oubliés dans les vestiaires en cours de jeu), voire à la lisière du carton rouge (les références footballistiques digne d'un footix du pauvre).

Copyright Zinc

Et pourtant, s'il ne dépasse même pas la durée d'un vrai match, Bombonera réussit néanmoins à faire son office, grâce à sa solide musique et aux deux numéros 10 dans sa team : une Vimala Pons pas assez présente et un Soufiane Guerrab qui emporte tout sur son passage.
À deux bouts de pellicule de la relégation donc, tout comme ce texte beaucoup trop bourré jusqu'à la gueule d'analogies/métaphore filées autour du ballon rond mais bon, qu'est-ce que tu veux cher lecteur, on ne peut pas tous imprimer nos rimes sur le ring/terrain au bulldozer comme Booba...


Jonathan Chevrier