[CRITIQUE] : L'Écologie des sentiments

Réalisateur : Alexandre Steiger
Avec : Andranic Manet, Salomé Rose Stein, Alexandre Steiger,...
Distributeur : Tandem
Budget : -
Genre : Comédie, Romance.
Nationalité : Français.
Durée : 1h24min.
Synopsis :
Félix, un jeune homme timide et fantasque, travaille en tant que réceptionniste dans un petit hôtel parisien tenu par son père. Lorsque Lola, une jeune femme énigmatique, s’installe à l’hôtel, son petit monde se retrouve totalement chamboulé.
Qu'ils soient d'une flamboyante réussite ou proprement insipides, les premières réalisations sont toujours plus ou moins frappés par le sceau rafraîchissant de la nouveauté, de cette petite excitation face à la possibilité de découvrir l'un des potentiels grands cinéastes de demain.
Et justement, au beau milieu de la symphonie rutilante et tout en prout majeur de divertissements US - mais pas que, coucou De Gaulle - ne répondant pas forcément à toutes les attentes de tout bon été des blockbusters qui se respecte (excepté un papy Spielberg toujours là pour nous en mettre plein la poire), le cinéma hexagonale, presque en embuscade, dégaine habilement quelques-unes de ses plus belles jeunes cartouches en ces premières heures de juillet, juste avant que la canicule ne pointe à nouveau le bout de son nez (passez l'été au frais dans les salles, c'est le meilleur cadeau que vous puissiez vous faire) : Miss Mermaid de Pauline Brunner et Marion Verlé, In Waves de Phuong Mai Nguyen mais également l'enthousiasmant L’Écologie des sentiments du comédien/wannabe cinéaste Alexandre Steiger (qui se paye également la casquette de second couteau face caméra), une comédie romantico-burlesque sur fond d'attirance des contraires, d'écologie et de protection des animaux, une proposition certes inégale mais swinguant joliment tout du long, sur le fil tenu de la farce tendre et décalée.
Un premier effort sensiblement dans l'ombre du génial Perdrix d'Erwan Le Duc qui dynamitait certes plus franchement le terrain ultra-codifié et balisé de la romcom (on pourrait également citer Wes Anderson, dont les références/emprunts esthétiques sont plus où moins grossièrement digérées), mais également du cinéma d'un Cédric Klapisch dont on reconnaît quelques - légères - sonorités dans sa manière de chercher à percuter deux individualités particulièrement dissemblables mais unies dans leurs contradictions comme dans leur quête profonde de sens (sans pour autant, les réduire à une fatalité romantique, une habitude du papa de Deux moi), et appelées à se transformer au contact de l'autre : Félix, jeune adulte bouffé par ses crises d'angoisses et un quotidien monotone, travaillant dans le petit hôtel parisien tenu par son père, et Lola, activiste écologiste sensiblement plus ouverte au monde et sûre d'elle, qui projette de foutre un sacré boxon au salon de l'agriculture...
Cousu de fil blanc sans fondamentalement être désagréable à mirer (loin de là même, malgré un rythme un chouïa en dents de scie et une narration gentiment chaotique et confuse), tant il touche par sa douceur mélancolique et son envie de se démarquer juste ce qu'il faut du tout commun - quitte à flirter avec le ridicule plus d'une fois -, le film se fait une petite surprise humaine et absurde à la sincérité palpable, qui a le mérite de nous faire découvrir l'univers d'un cinéaste ambitieux et plutôt doué caméra au poing, qui fait confiance à son imaginaire foisonnant, quitte à se retrouver coincé sur sa propre lune.
Vivement la suite ?
Jonathan Chevrier
Avec : Andranic Manet, Salomé Rose Stein, Alexandre Steiger,...
Distributeur : Tandem
Budget : -
Genre : Comédie, Romance.
Nationalité : Français.
Durée : 1h24min.
Synopsis :
Félix, un jeune homme timide et fantasque, travaille en tant que réceptionniste dans un petit hôtel parisien tenu par son père. Lorsque Lola, une jeune femme énigmatique, s’installe à l’hôtel, son petit monde se retrouve totalement chamboulé.
Qu'ils soient d'une flamboyante réussite ou proprement insipides, les premières réalisations sont toujours plus ou moins frappés par le sceau rafraîchissant de la nouveauté, de cette petite excitation face à la possibilité de découvrir l'un des potentiels grands cinéastes de demain.
Et justement, au beau milieu de la symphonie rutilante et tout en prout majeur de divertissements US - mais pas que, coucou De Gaulle - ne répondant pas forcément à toutes les attentes de tout bon été des blockbusters qui se respecte (excepté un papy Spielberg toujours là pour nous en mettre plein la poire), le cinéma hexagonale, presque en embuscade, dégaine habilement quelques-unes de ses plus belles jeunes cartouches en ces premières heures de juillet, juste avant que la canicule ne pointe à nouveau le bout de son nez (passez l'été au frais dans les salles, c'est le meilleur cadeau que vous puissiez vous faire) : Miss Mermaid de Pauline Brunner et Marion Verlé, In Waves de Phuong Mai Nguyen mais également l'enthousiasmant L’Écologie des sentiments du comédien/wannabe cinéaste Alexandre Steiger (qui se paye également la casquette de second couteau face caméra), une comédie romantico-burlesque sur fond d'attirance des contraires, d'écologie et de protection des animaux, une proposition certes inégale mais swinguant joliment tout du long, sur le fil tenu de la farce tendre et décalée.
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Un premier effort sensiblement dans l'ombre du génial Perdrix d'Erwan Le Duc qui dynamitait certes plus franchement le terrain ultra-codifié et balisé de la romcom (on pourrait également citer Wes Anderson, dont les références/emprunts esthétiques sont plus où moins grossièrement digérées), mais également du cinéma d'un Cédric Klapisch dont on reconnaît quelques - légères - sonorités dans sa manière de chercher à percuter deux individualités particulièrement dissemblables mais unies dans leurs contradictions comme dans leur quête profonde de sens (sans pour autant, les réduire à une fatalité romantique, une habitude du papa de Deux moi), et appelées à se transformer au contact de l'autre : Félix, jeune adulte bouffé par ses crises d'angoisses et un quotidien monotone, travaillant dans le petit hôtel parisien tenu par son père, et Lola, activiste écologiste sensiblement plus ouverte au monde et sûre d'elle, qui projette de foutre un sacré boxon au salon de l'agriculture...
Cousu de fil blanc sans fondamentalement être désagréable à mirer (loin de là même, malgré un rythme un chouïa en dents de scie et une narration gentiment chaotique et confuse), tant il touche par sa douceur mélancolique et son envie de se démarquer juste ce qu'il faut du tout commun - quitte à flirter avec le ridicule plus d'une fois -, le film se fait une petite surprise humaine et absurde à la sincérité palpable, qui a le mérite de nous faire découvrir l'univers d'un cinéaste ambitieux et plutôt doué caméra au poing, qui fait confiance à son imaginaire foisonnant, quitte à se retrouver coincé sur sa propre lune.
Vivement la suite ?
Jonathan Chevrier






