[SƎANCES FANTASTIQUES] : #131. The Troll Hunter

Copyright Universal Pictures International France
Parce que les (géniales) sections #TouchePasAMes80s et #TouchePasNonPlusAMes90s, sont un peu trop restreintes pour laisser exploser notre amour du cinéma de genre, la Fucking Team se lance dans une nouvelle aventure : #SectionsFantastiques, ou l'on pourra autant traiter des chefs-d'œuvres de la Hammer que des pépites du cinéma bis transalpin, en passant par les slashers des 70's/80's ; mais surtout montrer un brin la richesse d'un cinéma fantastique aussi abondant qu'il est passionnant à décortiquer. Bref, veillez à ce que les lumières soient éteintes, qu'un monstre soit bien caché sous vos fauteuils/lits et laissez-vous embarquer par la lecture nos billets !
Sorti en 2010, The Troll Hunter de André Øvredal est un thriller fantastique qui mélange habilement found footage, humour noir et mythologie nordique pour créer une expérience exclusive. Le film suit un groupe d’étudiants en journalisme qui traquent un mystérieux chasseur de créatures dans les forêts norvégiennes, découvrant progressivement l’existence de trolls gigantesques et dangereux. Le récit joue sur le contraste entre le réel et le surnaturel, utilisant la forme du documentaire pour ancrer l’imaginaire dans une réalité crédible, tout en explorant la peur, la curiosité et l’émerveillement face à l’inconnu.
Øvredal a une fascination pour le folklore scandinave et les films de monstres classiques. Inspiré par les found footage et le cinéma de genre américain, il voulait créer un film où la mythologie locale serait traitée avec sérieux tout en conservant un humour subtil. Le script, coécrit également par lui, développe une tension croissante à travers le quotidien des personnages, transformant l’ordinaire en terrain de suspense où le danger peut surgir à tout moment. La notion de troll est ainsi utilisée à la fois comme élément fantastique et métaphore de la nature indomptable.
![]() |
| Copyright Universal Pictures International France |
Otto Jespersen incarne Hans, le chasseur de trolls, avec un mélange d’autorité, de mystère et d’humour pince-sans-rire qui donne au film sa tonalité unique. Les étudiants, interprétés par Glenn Erland Tosterud, Johanna Mørck et Tomas Alf Larsen, incarnent la fascination et la naïveté face à l’inconnu, offrant au spectateur un point de vue empathique et immersif. Les interactions entre Hans et le trio soulignent à la fois la tension narrative et les décalages comiques, construisant un équilibre subtil entre suspense et humour.
Techniquement, The Troll Hunter exploite pleinement les codes du found footage tout en les enrichissant. La caméra à l’épaule suit les personnages dans leurs déplacements, donnant un sentiment immédiat de proximité et de réalisme. La photographie capture les paysages norvégiens avec une lumière naturelle et un cadrage dynamique, où montagnes, forêts et rivières deviennent autant d’éléments dramatiques que les trolls eux-mêmes. Les effets numériques des créatures, bien intégrés dans l’environnement, permettent de maintenir l’illusion de leur taille et de leur dangerosité, tandis que le montage alterné entre suspense et révélation humoristique soutient un rythme haletant.
Le film développe également un sous-texte écologique et symbolique. Les trolls, êtres anciens et puissants, représentent la nature indomptable face à l’expansion humaine. Les institutions qui cherchent à réguler leur existence, incarnées par des agences gouvernementales absurdes mais menaçantes, critiquent la tentative de contrôle systématique sur des forces que l’homme ne comprend pas entièrement. Le film joue ainsi sur la dualité entre fascination et crainte, et sur le respect nécessaire face à des forces supérieures à l’homme.
![]() |
| Copyright Universal Pictures International France |
La forme documentaire, la caractérisation précise des personnages et l’exploitation dramatique des paysages renforcent la crédibilité d’un univers fantastique, tout en offrant une réflexion sur la confrontation de l’homme à l’inconnu et à la nature. Le film transforme un récit de monstres classique en expérience moderne, où le spectateur est invité à croire à l’incroyable. L’œuvre demeure une réussite notable dans le cinéma fantastique nordique dans un tout captivant et original. Une œuvre que je n’ai eu de cesse de faire découvrir à mon entourage.










