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[FUCKING SERIES] : Legends : Passion infiltration


(Critique - avec spoilers - de la saison 1)



Les films et séries aiment à nous rappeler que la réalité dépasse souvent la fiction, engageant à une suspension d’incrédulité face à un réel constamment surprenant. C’est de nouveau le cas ici avec cette histoire basée sur l’enquête menée par les douanes britanniques dans les années 90 afin de stopper l’importation de drogue en Grande-Bretagne. Le résultat s’avère hautement prenant tant ce Legends parvient à bien raconter sa période historique en brossant des portraits intéressants d’individus mis en danger dans une opération qui n’aurait jamais dû fonctionner, ne serait-ce que par l’apparent amateurisme de fond et la friction constante avec la menace, créant un parallèle intéressant.

Directement, la série pose la question des apparences d’action, ne serait-ce que par sa mise en place par le gouvernement Thatcher cherchant clairement à se stabiliser par tous les moyens possibles. En représentant la Dame de Fer constamment par des images télévisées, la série réussit à mettre à distance le pouvoir politique qui cherche l’imagerie médiatique sans plus s’occuper de la réalité du terrain. Il se crée rapidement une scission constante entre la façade donnée et ce qu’elle dégage, point qui va être renforcé par le traitement des « légendes », ces identités d’apparence portées par nos protagonistes.

Copyright Netflix

La question de l’infiltration a bien évidemment déjà été traitée maintes et maintes fois dans diverses œuvres culturelles mais on apprécie ici la tension constante mise sur nos héros, en particulier Guy, incarné par Tom Burke, dont les identités en confrontation créent une certaine dynamique. De même, sans déflorer le récit, quasiment tous les personnages cherchent une forme d’émancipation identitaire, et ce même dans les importateurs et distributeurs de drogue, permettant de nuancer des protagonistes par un fond social où tout le monde cherche juste à appartenir d’une façon ou d’une autre avec des conflits de pouvoir inhérents à cette quête de place. Le tout se fait avec un rythme plutôt bien soutenu, les six épisodes se suivant très bien et réussissant à gérer une narration menée tambour battant tout en faisant exister les personnages.

Nous avons donc bien aimé nous plonger dans Legends, réussissant à maintenir tout du long sa solidité visuelle et thématique pour raconter un pan de l’histoire britannique sans jouer la carte de la facilité par certains partis pris. On y développe des thématiques d’identité dans du thriller bien maîtrisé et au casting impeccable, ce qui en fait un plaisir de série mais aussi de fiction nous rappelant l’invraisemblance du réel, même dans ces récits où l’héroïsme vient du quotidien avec une crainte ne partant jamais une fois la mission « accomplie »…


Liam Debruel