[CRITIQUE] : The World of Love
Réalisateur : Yoon Ga-eun
Acteurs : Kim Jeong-sik, Jang Hye-jin, Seo Su-bin,...
Distributeur : The Jokers Films
Budget : -
Genre : Comédie Dramatique.
Nationalité : Sud-coréen.
Durée : 1h59min.
Synopsis :
Joo-in est une lycéenne espiègle et appréciée de tous. Un jour, un camarade de classe lance une pétition que tous les élèves signent, sauf elle. Son monde, en apparence paisible et insouciant, dissimule un passé douloureux auquel Joo-in est alors contrainte de faire face. Mais loin de se laisser enfermer, elle choisit d’avancer et de se réinventer.
Qu'on se le dise, et même si nous l'usons nous aussi à l'occasion (c'est juste... humain, zéro jugement derrière), le jeu des comparaison est, sensiblement, un artifice toujours un chouïa vulgaire (voire putassier, tout du moins lorsqu'il n'est pas usé avec pertinence et qu'il se base sur de maigres similarités) quand bien même plus d'un cinéaste assume, avant même que leurs œuvres ne soient placés devant le regard critique (plus où moins affûté) du spectateur, des affiliations/références qui poussent, justement, à la comparaison.
Alors oui, c'est peut-être un poil vulgaire, mais difficile de ne pas penser pourtant, comme à la vision du récent (et très beau) Renoir de Chie Hayakawa, au cinéma du pape Hirokazu Kore-eda en mirant le magnifique The World of Love d'une Yoon Ga-eun dont le cinéma n'avait, jusqu'ici, jamais eu les honneurs d'une exploitation en salles dans l'hexagone - ni même les recoins sombres de la VOD.
Une filiation évidente dans sa manière de capturer avec une émotion saisissante le monde à travers les yeux d'enfants/adolescents, d'user intelligemment de l'humour pour incarner un contrepoint essentiel à son propos dramatique sans, justement, le dédramatiser.
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Dans sa façon de privilégier le naturel d'une narration réaliste prenant son temps pour dénouer sa complexité, à un sentimentalisme putassier qui impliquerait des rebondissements artificiels comme des explications hâtives et absurdes (même si pas exempt parfois, d'un symbolisme un chouïa pachydermique); de consciemment se détacher du tout commun du coming-of-age movie - sans en renier l'énergie juvénile -, pour voguer vers une représentation plus grave et mélancolique d'une adolescence frappée par la brutalité de l'homme comme la nature cyclique de la violence (ici les sujets, infiniment douloureux et difficiles, des violences sexuelles et de la négligence parentale, traités avec une délicatesse rare), mais qui ne perd pas pour autant l'espoir d'un lendemain si ce n'est réparateur, au moins un peu plus doux et paisible.
Exploration accrue mais jamais éprouvante de la notion de traumatisme, qui bouleverse les âmes - de différentes manières - comme leurs interactions, au plus près d'une gamine qui décide de surmonter son passé douloureux parce qui lui reste toute une existence à vivre sans réserve, The World of Love, fort de quelques séquences particulièrement poignantes (notamment un lavage de voiture qui en laissera plus d'un sur le carreau), est une merveille de drame sensible et psychologique à la chaleur jamais feinte.
La séance immanquable du moment.
Jonathan Chevrier


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