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[CRITIQUE] : Witchboard


Réalisateur : Chuck Russell
Avec : Jamie Campbell Bower, Madison Iseman, Aaron Dominguez,
Distributeur : -
Budget : -
Genre : Épouvante-horreur.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h53min

Synopsis :
Emily, son fiancé Christian et un groupe d'amis ouvrent un café bio en réaménageant une vieille maison dans le quartier français de la Nouvelle-Orléans. Emily découvre une ancienne planche d'ouija, utilisée autrefois pour convoquer les esprits...




Si l'étiquette du DTV en fait souvent frémir plus d'un - et à raison -, il arrive parfois qu'une bande annonce mieux branlée que la moyenne, voire d'une affiche un tant soit peu attrayante nous ramenant aux belles heures des VHS imaginatives de l'époque des vidéo-clubs (même si, soyons honnête, pour les cinéphiles déviants que nous sommes, les affiches génériques et peu engageantes sont presque comme le Magnum 44 automatique de ce bon vieux Dirty Harry : une arme absolue qui fait mal et mouche à tous les coups), suffisent à nous laisser aller à une heure et demie - voire plus - de séance superflue pour le pur plaisir d'une curiosité sensiblement trop exacerbée.

Mais avec Witchboard, la limonade était sensiblement différente, tant c'est par la bonne blague de son accroche (les mauvaises langues diront mensonge, on préfère penser que cela reste un zeste d'ironie totalement volontaire et assumé), que l'on a succomber au potentiel vice de sa vision : " par le maître de l'horreur Chuck Russell, réalisateur de Freddy 3 - Les Griffes du cauchemar et The Mask ".

FlixPix/Alamy/Vertigo Releasing

Alors oui, on aime beaucoup le troisième aventure du plus cocasse des boogeymen, mais le Chuck n'a rien d'un Master of horror (Le Blob était chouette, certes), et encore moins d'un grand cinéaste, quand bien même il reste un honnête faiseur pour les bouffeurs de bisseries que nous sommes, capable de rendre une copie honorable même avec le plus commun des cahiers des charges : coucou L'Effaceur, Le Roi Scorpion où encore les délires Travolta-esques I am wrath et Paradise City.

Toujours en service et loin d'être obsolète, il nous revient donc avec un remake de l'oublié (et oubliable) Witchboard de Kevin Tenney sorti en 1986, dont il est in fine une relecture assez lointaine et modernisée, avec sa malédiction autour d'une table Ouija devenue une relique du XVIIe siècle (pourquoi pas), et foutant un sacré bordel à la Nouvelle-Orléans, la faute à un couple un peu trop fan de spiritisme, dont la femme va vite être possédée par une Reine des Sorcières présentée à la va-vite en ouverture.
Dis comme ça, ça refoule méchamment du fondement et pourtant, Russell arrive à convoquer par sa caméra/planche de spiritisme improvisée, une aura de série Z totalement décomplexée et joyeuse qui donne une petite dose salutaire de piment à sa popote de film de possession familière et tranquille (à l'image d'un Jamie Campbell Bower qui cabotine juste ce qu'il faut), avec son écriture fragile et ses personnages taillés à la serpe, continuellement relevé par une mise en scène dynamique et des mises à mort sanglantes et malignes.
Une modeste mais belle surprise donc.


Jonathan Chevrier