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[CRITIQUE] : Predator : Wastelands


Réalisateur : Ryan Ebert
Acteurs : David Chokachi, Amulya Ananth, Jeremiah A. Walker,...
Distributeur : -
Budget : -
Genre : Action, Science-fiction.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h29min

Synopsis :
Dans un monde post-apocalyptique tombé aux mains d'un tyran, un chasseur extraterrestre devient le héros et leader de la révolte des humains..





Évidemment, cette affirmation va mal vieillir au point qu'elle est déjà sans doute obsolète au moment même où elle est frénétiquement tapée sur le clavier, mais si le perspective de voir débarquer un hypothétique nouvel opus de la franchise Predator labelisé studio aux grandes oreilles (Prey est l'arbre vulnérable qui cache la forêt), nous enchante autant que la colposcopie annuelle que nous promet notre arrivée prochaine dans la quarantaine (il nous reste encore quelques années de marge, mais plus tant que cela), il y a une - légère - réjouissance dans le fait de se perdre au coeur des méandres puants et fauchés d'une production opportuniste made in The Asylum, qui dégaine un rip-off dégueulasse d'un gros blockbuster du moment plus vite que son ombre, porté par une distribution bourrée de comédiens/comédiennes à la popularité relative par le passé, qui viennent cachetonner et perdre le peu de dignité qu'il leur reste pour une poignée de dollars.

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Faites entrer le nouvel accusé donc, Predator Wastelands, mockbuster tourné pour 2,50$ et sous IA par un Ryan Ebert qui a fait ce qu'il peut avec pas grand chose (un budget rachitique mais surtout simplement six jours de tournage, sans aucune préparation pour la distribution et l'équipe technique), mixture pas totalement innommable mais pas fondamentalement défendable pour autant, qui part d'un pitch pas plus ridicule qu'un autre mais résolument cocasse (un chasseur extraterrestre arrive sur Terre et, par un concours de circonstances, il élimine toute l'armée d'un tyran et devient, malgré lui, un héros aux yeux de la population opprimée), pour dérouler un actionner SF sans trop d'action, où des tunnels de dialogues insignifiants tentent vainement de masquer la vacuité d'une entreprise qui, contre toute attente, flirte suffisamment (et toujours involontairement) avec le fil tenu de la parodie - sans trop se ramasser la pellicule - pour modestement divertir entre deux micro-siestes.

Alors certes, c'est mou de la fesse gauche, rythmé au tractopelle et tout aussi bien incarné que le spectacle de la kermesse de ton petit neveu de huit ans (le tout avec un Predator qui ressemble à un cousin anémique des Nazgûls), mais il y a du coeur qui se dégage de cette catastrophe ambulante, pas manchot techniquement (photo correct, joli travail côté maquillage) et, une fois encore, tourné à la hâte comme à la belle époque du cinéma de feu Albert Pyun.
On a vu pire, surtout avec The Asylum.


Jonathan Chevrier