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[CRITIQUE] : Immortal Combat


Réalisateur : Monroe Robertson
Acteurs : Dominique Swain, Roxanne G.C. Brooks, Eve Fournier,...
Distributeur : Amazon Prime Vidéo France
Budget : -
Genre : Action, Science-fiction.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h23min

Synopsis :
Les plus grands guerriers de l'histoire - comme Gengis Khan et Jeanne d'Arc - sont réunis par une organisation secrète pour un combat à mort. Mais en secret, ils préparent une révolte pour tout détruire de l'intérieur.





Serait-ce la folie d'une période cannoise où la sélection officielle semble susciter plus de frustration que sur les précédentes éditions, mais il y a un plaisir, infiniment pervers et qui ne peut que s'apparenter à de l'auto-flagellation consentie, à se perdre dans la vision de VRAIS mauvais films, un art froutement difficile qui demande non pas une paresse, mais bien une véritable propension à, parfois au-delà de toute volonté, empiler les mauvais choix dans une sorte de partie bigger than life de Tetris où personne ne gagne réellement, même avec le plus parfait des alignements.

Et dans cet art de mal faire, The Asylum incarne sans aucun doute, au même titre que Syfy and Co., le tonton grincheux et raciste qui te fout la honte à chaque anniversaire au Campanille du coin, les artisans du pire dont la formule de mockbusters consciemment cheap et indéfendable tranche considérablement avec la magie des Z fauchés comme des nanars involontaires, parce que leur opportunisme est assumé et fièrement affirmé.
Mais, sadisme de cinéphile oblige, il y a quelques petites satisfactions parfois dans ses " oeuvres " du mal, dans l'idée de purifier sa cinéphilie avec des mauvaises séances - c'est toujours sain et important.

Copyright The Asylum / Atomic Blonde Entertainment / The Asylum Home Entertainment / The Global Asylum

Sortie dans la foulée d'un Mortal Kombat II qui assume encore un peu plus ses penchants de bisserie friquée qui tâche, Immortal Combat de Monroe Robertson part d'un concept loin d'être con, à la difference de son exécution (extirper plusieurs figures phares de l'histoire humaine - Attila, Jeanne d’Arc ou encore Cléopâtre -, dans leur propre époque, pour les faire s'affronter dans la nôtre au coeur d'une émission de TV au tournoi sanglant sauce Battle Royale, gérer par une société désireuse d'en faire des esclaves robotiques), pour voguer moins vers le rip-off du film de Simon McQuoid qu'une sorte de fusion entre Running Man et Hunger Games qui n'assume jamais son concept (un jeu mortel de duels à mort... sans mort), ni n'offre une once de fun à travers des affrontements rushés et mal cadrés/choregraphiés, dont la durée rachitique ne vient jamais rompre ce qui a tout d'une balade champêtre ennuyé et ennuyeuse dans la forêt de Fontainebleau, bourrée jusqu'à la gueule de dialogues d'exposition méchamment redondants.

Shooté à l'IA comme ce n'est pas permis (on dépasse clairement le stade de la honte), joué avec la finesse d'un hippopotame en rut et rythmé comme l'encéphalogramme d'une grenouille, Immortal Combat, qui n'a même pas la dignité de se suffire à lui-même (le final annonce clairement une suite), réussit la prouesse d'être encore pire que la production moyenne de sa propre firme.
Mais, bizarrement, il ne fait pas si tâche au coeur du catalogue sclérosé de Prime Vidéo...


Jonathan Chevrier