[CRITIQUE] : Le 13ème round
Réalisateur : Luigi Comencini
Avec : Afef Ben Mahmoud, Helmi Dridi, Hedi Ben Jabouria,…
Distributeur : GAWL
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Tunisien.
Durée : 1h25min.
Synopsis :
Un ancien champion de boxe, retiré du ring pour sa famille, est contraint d’affronter son passé lorsque son jeune fils est atteint d’une maladie grave.
On se faisait la réflexion il y a un tout petit peu plus d'un mois (une bonne occasion de se répéter donc), à la sortie du douloureux, radical et anxiogène Silentium de Nidhal Chatta : même si sa production apparaît résolument plus discrète que son voisin marocain (mais, là encore jouons au jeu des comparatifs stériles, définitivement plus active que son voisin algérien), le cinéma tunisien n'en reste pas moins particulièrement passionnant à suivre, pour preuve les solides propositions que la « petite perle du Maghreb » nous a dégainé sur les douze derniers mois, que ce soit à travers de deux de ses plus belles ambassadrices, Erige Sehiri (Promis le ciel, beau et sensible drame dénué de tout sentimentalisme putassier, abordant le sujet, rarement exprimé a l'écran, de l'expérience migratoire en Afrique, et plus directement de l'Afrique subsaharienne vers l'Afrique du Nord) et Kaouther Ben Hania (La Voix de Hind Rajab, un incroyable et douloureux mémorial sur pellicule d'une tristesse insondable, sur une catastrophe humanitaire - un génocide dont on veut taire le nom - qui se conjugue au présent depuis bien, bien trop longtemps), mais aussi des figures émergentes comme Lotfi Achour (Les enfants rouges, une tragédie authentique et philosophique aux émotions et à la poésie brutes) et Mehdi M. Barsaoui (Aïcha, un thriller sous-tension dans son portrait authentique et sans concession d'une nation oppressive et patriarcale).
Le 13ème round, nouveau long-métrage d'un Mohamed Ali Nahdi qui n'avait jusqu'ici pas encore eu les honneurs de squatter nos salles obscures, peut décemment a figurer dans cette jolie liste de péloches gentiment recommandables, beau et poignant drame familial et social réaliste où les valeurs du noble art (voire d'une masculinité un poil archaïque, certes) viennent irriguer les veines d'une narration confrontant de plein fouet la résilience comme la combativité d'un père ancien boxeur sur le retour et renfermé sur lui-même, à son impuissance face à la maladie terrible de son fils et le lent délitement de son couple (un adversaire double qui le frappe plus durement qu'il ne pourra jamais le faire).
Un conflit aux contours familiers (et un chouïa didactique) mais touchant dans son universalité, où le cinéaste laisse poindre un talent indéniable pour croquer un ancrage social solide (son histoire est bien ancrée dans une Tunisie contemporaine loin des espoirs que la Révolution a pu susciter, auquel il ajoute un regard sans concession sur un système médical à l'agonie), moins pour croquer des personnages suffisamment conséquents - même s'il sait susciter une vraie tendresse à leur égard.
Pas toujours adroit sur son ring mais fort de bonnes intentions et d'une esthétique singulière, Le 13ème round justifie pleinement son pesant de pop-corn sans attendre la délibération des juges.
Jonathan Chevrier

%20(1)%20(1)%20(1).jpg)






