[CRITIQUE] : Ladies First
Réalisatrice : Thea Sharrock
Avec : Sasha Baron Cohen, Rosamund Pike, Richard E. Grant,…
Distributeur : Netflix France
Budget : -
Genre : Comédie.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h30min.
Synopsis :
Séducteur invétéré, un Don Juan reçoit une sévère leçon lorsqu’il bascule dans un monde parallèle gouverné par les femmes - et la rencontre avec une femme fougueuse ne fait que compliquer la donne.
Qui se souvient de la comédie Je ne suis pas un homme facile d'Eléonore Pourriat porté par Vincent Elbaz, balancée sur Netflix au coeur de l'année 2018 (Levez pas tous la main en même temps, hein) ? Personne ?
Si, la firme aux Toudoum elle-même qui s'est dit qu'en produire un remake maison et en langue anglaise, huit ans plus tard, était l'idée du siècle pour venir gonfler un catalogue cinématographique de moins en moins intéressant (ne parlons même pas de son pendant télévisé).
Échoué à Thea Sharrock avec rien de moins que le couple Sasha Baron Cohen/Rosamund Pike en vedette (une association des contraires qui aurait pu titiller un brin notre curiosité une décennie auparavant, plus réellement aujourd'hui), Ladies First reprend peu ou prou le même pitch (un séducteur invétéré, pur coureur de jupons peu soucieux de la genre féminine, reçoit une sévère leçon par la vie lorsqu’il bascule dans un monde parallèle gouverné par les femmes), sans chercher une seule seconde à nourrir sa satire sous fond d'inversion des rôles, d'un propos un tant soit peu incisif où charnu.
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D'une paresse abyssale, déroulant péniblement son manque de substance sur un petit peu plus de quatre-vingts minutes (même pas la décence de dépasser l'heure et demie de son matériau d'origine), le film n'est rien de plus qu'une " comédie " (les guillemets sont essentiels) à l'humour cruellement absent, sorte de mauvais pilote d'un sitcom NBC à l'écriture caricaturale as hell (la masculinisation/féminisation de certaines marques populaires, fait néanmoins sourir, coucou Victor's Secret et Burger Queen), nouée autour d'une course à la direction d'une agence de marketing entre une Pike consternée (qu'elle change d'agent, et vite) et un éternel Borat dévitalisé de toute folie (une erreur de casting, à tous les niveaux), dont on ne croit jamais à l'alchimie et à l'attirance, et encore moins à l'hypothètique et radicale prise de conscience d'une figure méprisable et sexiste par la puissance de la fée des intrigues pourries - où de l'amour, c'est selon.
Prévisible sans même avoir vu le film original, gênant dans son inversion des rapports de force (penser la féminité comme une faiblesse où encore un matriarcat aussi misandre que le patriarcat peut être misogyne parce que lolilol... not quite our tempo), Ladies First vieillit mal aussi vite qu'il est vu, qui l'eut cru ?
Jonathan Chevrier


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