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[CRITIQUE] : Embarquement immédiat


Réalisateurs : Lloyd Eyre Morgan et Neil Ely
Acteurs : Lloyd Eyre Morgan, David Tag, Liam Boyle,...
Distributeur : Optimale Distribution
Budget : -
Genre : Comédie, Romance, Drame.
Nationalité : Britannique.
Durée : 1h22min.

Synopsis :
Benji rencontre Jake à la caisse d’un aéroport et est immédiatement intrigué. Jake est musclé, insaisissable, dominant et, comme Benji le soupçonne avec joie, « un peu gay ». S’ensuivent des escapades passionnées à Amsterdam, beaucoup de sexe et l’émergence progressive d'un rapport de force voué à l’échec. Pris dans un tourbillon émotionnel, Benji se retrouve à remettre en question ce qu’il attend de l’amour, de lui-même… et de la vie.





Hasard du calendrier (restons optimistes... où naïfs), Embarquement immédiat du tandem de cinéastes mancuniens Lloyd Eyre Morgan et Neil Ely débarquent quelques semaines seulement dans nos salles obscures, après le génial Pillion d'un Harry Lighton qui, tout comme lui, abordait par la comédie (trashouille, sans pour autant être dénué d'émotion et de moelle dramatique) romantique les méandres d'une romance homosexuelle gentiment toxique.

Mais si son aîné traitait d'une relation dominant/soumis sous fond d'initiation, de sexualité affirmé et de plongée (avec une plongée dans une sous-culture méconnue et rarement abordé à l'écran), Departure en VO (indépendant jusqu'au bout de la pellicule et en partie auto-financé par ses deux réalisateurs et scénaristes) vogue vers un terrain résolument plus sinueux (une toxicité dangereuse alimentée par une domination physique, émotionnelle et même économique) mais aussi et surtout plus familier - voire un poil trop unilatéral -, dans sa manière d'aborder une dynamique dominant/soumis sensiblement moins immersive, mais pas moins touchante.

Copyright Optimale Distribution

On y capture l'union tumultueuse entre Benji, un travailleur humanitaire doux et vulnérable et Jake, un coach sportif plus colérique et à la virilité sensiblement plus affirmé (comme sa sexualité refoulée au fond), qui se rencontrent lors d'un voyage à Amsterdam et entame une relation - purement sexuelle - au coeur même de la cité hollandaise, où ils conviendront de se revoir au frais du second, sans jamais réellement officialiser leur couple.
Un duo tout en ruptures houleuses et en réconciliations sous l'oreiller, qui se complique encore un peu plus lorsque Benji tombe amoureux de Jake, alors que lui se refuse tout lien émotionnel...

Exploration à l'authenticité brute et parfois particulièrement cruel d'une toxicité naissant dans la vulnérabilité distincte de deux personnages, le film porté par une structure tout en flashbacks et digressions pas toujours heureuse (comme ses ruptures de ton, mais qui ont le mérite de donner une contextualisation salutaire aux personnalités/attitudes de son binôme titre), à l'image d'une écriture dense qui effleure plusieurs pistes passionnantes (harcèlement scolaire, dépendance sexuelle, homophobie intériorisée,...) sans pleinement toutes les aborder, n'en reste pas moins une jolie balade drôle et incisive à la gravité jamais feinte, dont le dynamisme n'est pas sans rappeler - sur certains aspects - les premiers efforts de Danny Boyle.
Perfectible donc, mais vraiment prenant.


Jonathan Chevrier