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[CRITIQUE] : Cosmos


Réalisateur : Germinal Roaux
Acteurs : Ángela Molina, Andrés Catzín, Marco Treviño,...
Distributeur : Nour Films
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Suisse, Mexicain, Français.
Durée : 2h30min.

Synopsis :
Dans un village oublié du Yucatan, Leon, gardien maya des secrets de la nature et des esprits, va être chassé de ses terres. Son chemin croise celui de Lena, riche femme de lettres récemment arrivée de Mexico. Malgré leurs différences, une connexion profonde se forme entre eux.





C'est une vérité irréfutable (c'est faux mais fait comme si c'était le cas, ne ruines pas tout de suite l'argumentaire de cette introduction définitivement beaucoup trop étirée pour son bien) pour quiconque s'intéresse un minimum à la proposition, proprement astronomique, de films qui nous sont offert chaque semaine : il y a toujours une petite poignée de séances dont on n'attend pas forcément grand chose (ce qui est assez vulgaire annoncé comme cela certes, mais tu sais cher lecteur, l'honnêteté l'est aussi parfois), voire dont on a pas forcément connaissance de leur exploitation mais qui pourtant, presque contre une adversité imaginaire conçue par notre hypothétique prévision de ce qu'il a à nous offrir, arrivent à nous cueillir de la plus belle des manières.

Elles sont rares ses expériences, sporadiques même tant on s'échine à garder nos radars cinématographiques les plus alertes possibles (même du côté des différentes plateformes de la VOD/SVOD qui crachent, littéralement, leurs propositions au cœur de son catalogue dans l'indifférence générale et sans le moindre effort de promotion), mais merveilleusement essentielles.

Copyright Nour films

Cinéaste peu prolifique mais fier représentant d'un cinéma suisse qui peine un brin à faire sa place de ce côté du Rhône, Germinal Roaux nous revient douze ans après son brillant Fortuna, avec Cosmos, chronique sensiblement lancinante et au noir et blanc tout aussi léché qu'austère, vissée sur l'union profonde et sincère, pure et authentique entre deux sexagénaires dont les deux univers sont en passe d'imploser : Leon est un mexicain d'origine maya dont la vie " sauvage " est menacée par les rouages violents et discriminants d'un néolibéralisme à l'expropriation/gentrification facile, tandis que Lena elle, est une veuve espagnole exilée au Mexique à la condition plus aisée mais rattrapée par la maladie, que le premier va accompagner dans sa quête spirituelle et apaisée vers son dernier souffle (un élan tendre et généreux qui, malheureusement, manque de contextualisation pour ne pas apparaître un chouïa artificiel).

Fermement ancré dans le temps et l'espace, de sa photographie au grain texturé (qui donne une importance essentielle à la lumière naturelle) comme de son mixage sonore en totale cohésion avec la nature environnante, Cosmo croque une belle union tout en sagesse et en vulnérabilité de deux solitudes où l'opposition de classes voit ses forces s'inverser dans un élan aussi spirituel et humain que métaphorique.
L'une des (très) belles séances du moment.


Jonathan Chevrier