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[CRITIQUE] : Billie Eilish - Hit Me Hard And Soft: The Tour Live In 3D



Réalisateur•trice : James Cameron et Billie Eilish
Acteurs : Billie Eilish, James Cameron, Finneas O'Connell, Maggie Baird,...
Distributeur : Paramount Pictures France
Budget : -
Genre : Concert.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h54min.

Synopsis :
Réalisé en 3D par James Cameron et Billie Eilish elle-même, ce film-concert a été capté tout au long de sa tournée mondiale qui a fait salle comble.





Gageons que s'il y a de multiples façons de capturer sur la pellicule un concert, des coulisses aux préparatifs parfois entrecroisés par des témoignages extérieurs (fans comme journalistes et autres spécialistes) et/où des membres même du groupe célébré, en passant par le cœur même du spectacle, la scène comme l'émotion d'une foule vibrant à l'unisson avec les artistes et le rythme des musiques interprétées; rares sont les efforts à dépasser le concept même d'être un film concert et, inversement, un concert filmé, à bousculer les codes pour se nicher au confin des genres (être au-delà du documentaire, au-delà du simple concert filmé), pour proposer une immersion totale et cathartique qui tisse un lien extraordinaire entre un/des artistes et son auditoire.

Des séances telles que le monument Stop Making Sense de Jonathan Demme, ou encore The Last Waltz et Shine a Light de Martin Scorsese, et aux côtés desquels semblait vouloir s'intercaler Billie Eilish - Hit Me Hard And Soft: The Tour Live In 3D du tandem James Cameron et Billie Eilish, dans sa promesse d'incarner une  immersion au coeur même des coulisses de l'événement, tout en proposant une expérience encore plus immersive et spectaculaire qu'à l'accoutumée que ce soit via l'usage de la technologie 3D mais aussi et surtout, la vision d'un Cameron qui quitte enfin - un temps - la planète Pandora et ses cousins des Schtroumpfs.

Une promesse en partie tenue, tant s'il dépasse certes les limites du simple exercice de représentation (sans pour autant être considérer comme un documentaire à part entière), en proposant une expérience la plus proche possible de l'artiste et de l'énergie scénique folle de sa performance (les meilleurs séquences sont, justement, tournées de son point de vue) comme la puissance émotionnelle que peut chérir ses chansons (avec sa voix à la fois grave et aérienne), le montage maladroit atténue continuellement la dynamique immersive du dit concert (capturé dans son intégralité, jusque dans les préparatifs d'avant et après événement) à travers quelques interludes à la fois intimes (des interviews d'Eilish, mais aucune d'une équipe pourtant optimiste) et publics (des micro-trottoirs) un brin vains (puisque trop courts pour aller au-delà de l'anecdotique), qui sape son rythme comme son énergie, mais vient aussi et surtout pointer le manque de naturel criant de l'entreprise, la fausseté contrôlée derrière la spontanéité affichée comme vérité (et qui, de facto, ne célèbre la singularité réelle de l'artiste que sur le terrain peu passionnant de la banalité).

Si le contrôle derrière l'effort n'est pas fondamentalement un défaut en soi, gageons qu'un tel projet aurait gagné à prendre un poil plus de recul par rapport à son sujet, à ne pas totalement embrasser les contours d'une simili-hagiographie matinée de prouesses physiques et pyrotechniques, qui ne semble jamais réellement savoir comment lier harmonieusement le spectaculaire et l'introspection.
Reste que la balade n'en est pas moins divertissante, et il est grisant de penser ce que de telles dispositions techniques pourraient donner avec des artistes plus excentriques - coucou Sabrina Carpenter.



Jonathan Chevrier