[CRITIQUE] : Roommates
Réalisatrice : Chandler Levack
Avec : Sadie Sandler, Chloe East, Sarah Sherman, Natasha Lyonne,…
Distributeur : Netflix France
Budget : -
Genre : Comédie.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h40min
Synopsis :
Une étudiante de première année pleine d’espoir et un peu naïve, Devon, demande à Celeste, une fille cool et sûre d’elle, de devenir sa colocataire. Ce qui commence comme une amitié naissante dégénère peu à peu en une guerre passive agressive.
S'il y avait décemment à boire et à manger dans les premières productions du tandem Happy Madison/Netflix, à l'image d'un Adam Sandler qui se cherchait un brin créativement parlant, quitte à creuser encore un peu plus son humour facile (mais génial) à coups de péloches pas toujours défendables (mais continuellement sincères et à son image, ce qui n'est vraiment pas rien), The Meyerowitz Stories - qui l'a fait rentré dans la sphère " Baumbachienne " - puis Uncut Gems des frangins Safdie, ont fait gentiment changé de stratégie un Sandman certes toujours décidé à faire rire son auditoire, mais sensiblement plus enclin à prendre des risques - et, de facto, à dévoiler tout le talent qu'on lui connaît.
Des risques comme celui de mettre (encore) plus en avant non seulement ses amis, mais également sa propre famille, à l'image de ses deux filles, Sunny et Sadie, à qui il a offert une production chacune pour potentiellement suivre les pas des gamines Apatow et autres nepo babies, d'une jungle Hollywoodienne qui commence à les compter à la pelle.
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| Copyright Netflix |
Si Sunny avait particulièrement bien brillée dans le chouette You Are So Not Invited to My Bat Mitzvah, c'est autour de Sadie de briguer le rôle titre Roommates, troisième long-métrage de l'ancienne critique canadienne Chandler Levack, qui ambitionnait sur le papier d'être un instantané de la Gen-Z façon Mean Girls, une exploration comico-authentique d'ados accros aux écrans sous couvert d'un récit initiatique à deux âmes sur deux jeunes femmes dissemblables (une fille populaire et fêtarde, l'autre plus réservée et moins égoïste, qui n'a jamais eu de meilleure amie), dont l'amitié inséparable prend du plomb dans l'aile (entre trahison, rapports passifs-agressifs et conflits ouverts) au fil de leur première année de fac.
À l'écran en revanche, la limonade ne se fait pas aussi digeste qu'espérée, l'écriture peinant à canaliser ses nombreuses références et leur nostalgie cynique (même si elle sait néanmoins créer des personnages solides, jusque dans ses seconds couteaux qui ont le mérite d'exister sans les figures principales) pour incarner une balade toute aussi mordante et satirique que ses illustres aînés, mais elle n'en reste pas moins délicieusement méchante et totalement consciente d'elle-même (et de son époque dont elle reprend sensiblement les codes), pour divertir, d'autant qu'elle n'a pas peur de sonder (de manière un poil convenue, certes) les angoisses adolescentes comme les vérités d'une amitié toxique et à l'implosion progressive, obligée de partager le même toit.
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| Copyright Netflix |
Bien incarné (Chloe East n'a rien à envier à la Regina George de Rachel McAdams) et évitant soigneusement les contours de la fable moralisatrice comme celle du teen movie potacho-limité (le film assume pleinement son absurdité), Roommates se fait une expérience amusante voire même étrangement poignante, qui surplombe aisément la majorité (voire un chouïa plus) du catalogue YA de la plateforme au Toudoum.
Pas un petit effort donc.
Jonathan Chevrier



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