Breaking News

[CRITIQUE] : Pizza Movie


Réalisateurs : Brian McElhaney et Nick Kocher
Avec : Gaten Matarazzo, Sean Giambrone, Lulu Wilson, Peyton Elizabeth Lee,...
Distributeur : Disney Plus France
Budget : -
Genre : Comédie.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h32min

Synopsis :
Deux étudiants solitaires, Jack et Montgomery, commandent une tarte mais ingèrent par erreur une drogue artisanale.





Avec le giron du teen movie, plus encore que pour n'importe quel autre genre, certains films fonctionnent mieux que d'autres sur les différents spectateurs, distillant un attachement voire même une authentification presque instantanée, ce petit quelque chose d'inexplicable qui fait que l'on se sente bien aux côtés de personnages qui nous parlent, nous ramènent à une époque bénie où tout était si ce n'est plus beau, au moins plus simple.
Alors évidemment, il y a des efforts plus discutables que d'autres, certains jouant un peu moins la carte des émotions pour privilégier une accumulation de sketchs potacho-décomplexés pas toujours de bon goût (pour être poli), mais chaque génération à ses petits totems et quand bien même le dernier pic du genre remonte à loin (la fin des années 90 jusqu'au début des années 2000), quelques péloches viennent popper de temps en temps, histoire de nous rappeler à son bon souvenir.

Pizza Movie du tandem de Brian McElhaney et Nick Kocher, n'avait pas forcément besoin de trop tortiller de sa pellicule pour prouver qu'il boxait amoureusement dans la plus régressive des catégories, d'autant qu'il affirmait dès son pitch fouler fougueusement le terrain tortueux du sous-genre (génial) du stoner déglingué, en bon sketch du SNL étiré plus que de raison.

Courtesy of Bella Gonzalez / Hulu / Disney Plus / Variety

Mais à la différence d'un Y2K qui avait tout du rip-off peu inspiré de Maximum Overdrive qui se rêvait en héritier de Supergrave, sans l'humour ni l'écriture fine qui va avec, il y a une sympathie folle qui se dégage de cette cette convocation grivoise et nostalgique d'une comédie américaine qui portait jadis son immaturité comme une fierté, qui n'avait pas peur d'enchaîner les gags dans une générosité qui frise lourdement avec l'indécence - tout en sachant pertinemment que la moitié ne ferait pas mouche.
D'un pitch presque prétexte (deux BFF colocataires qui sont là risée de toute l'université, se payent un méchant bad trip en cinq phases avec des pilules qui feraient passer celles de 21 Jump Street pour des Smarties, et dont le seul remède est de bouffer de la pizza... plus facile à dire qu'à faire), la narration sous substance roule sa bosse avec une confiance folle, s'enfonçant lentement mais sûrement dans une loufoquerie de plus en plus assumée, consciente qu'elle larguera une bonne frange de son auditoire en cours de route par son excentricité comme son irrévérence.

Héritier direct de la saga Harold & Kumar (qui annonce la couleur - bien grasse - dès son ouverture) dans sa folie rythmée et entraînante, porté tout autant par un charme savoureusement désuet qu'un trio Gaten Matarazzo/Sean Giambrone/Lulu Wilson on fire et auquel il est facile de s'attacher, Pizza Movie, modeste roller coaster régressif et, étonnamment, pas chiche en émotions, vient raviver une flamme (presque) perdue, celle d'une comédie US déjantée, absurde et inventive qui, on l'espère, renaîtra pleinement avec le retour cet été de la fratrie Wayans.


Jonathan Chevrier