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[CRITIQUE] : Prisoner of War

Réalisateur : Louis Mandylor
Avec : Scott Adkins, Peter Shinkoda, Michael Copon, Donald Cerrone,...
Distributeur : -
Budget : -
Genre : Action, Drame, Guerre.
Nationalité : Britannique, Philippin.
Durée : 1h52min.

Synopsis :
Philippines, 1942. Envoyé en mission au cœur de la bataille de Bataan, James Wright, pilote britannique, est capturé et envoyé dans un camp de prisonniers japonais. Forcé de combattre chaque jour pour survivre, il découvre que l’armée japonaise prépare la redoutable “marche de la mort”. Face à la brutalité du camp et à cette menace imminente, il élabore un plan d’évasion impossible pour prévenir les forces alliées... et sauver les prisonniers avant que le camp ne soit anéanti.





Gageons que dans le giron du DTV d'action, il faut moins avoir de vrais capacités physiques qu'être sensiblement charismatique pour percer, et si seuls les forts survivent, rares sont ceux à avoir un " total package " comme Scott Adkins, sorte de petit frère de sa figure tutélaire JCVD, dans le sens où il ne cherche pas uniquement à enchaîner les coups de tatanes, mais bien à aligner, même avec maladresse, les performances solides dans tous les genres ou presque, qu'on lui donne l'opportunité d'aborder.

Même si le marché de la VOD/streaming est plus limité qu'il n'en a l'air, la faute à une pléthore de productions bas de gamme, portées par des comédiens plus prompt à encaisser les chèques qu'à relever des scripts grossiers et torchés à la truelle; Adkins en impose et conserve une aura/éthique définitivement plus défendable que la moyenne - à l'instar, entre autres, de Michael Jai White voire parfois, d'Aaron Eckhart.

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En ce sens, aussi vulnérable soit-il, impossible de bouder son plaisir devant Prisoner of War, sorte de fusion facile entre La Grande Évasion, Furyo et Le Grand Tournoi (avec même un doigt de Savage Dog, pour les amateurs du kickeur britannique) chapeauté par Louis Mandylor - tout pour nous attirer donc -, où le Scott donne de son physique comme de sa plume (il est crédité au scénario), au détour d'une narration plus où moins prétexte, qui voit un commandant d'escadre de la Royal Air Force, être piégé dans un camp de prisonniers japonais en pleine Seconde Guerre mondiale.
On suit dès lors au plus près sa - lente - tentative d'évasion comme de survie, où des aptitudes pour savater mignon son prochain servent autant à divertir ses geôliers qu'à contrecarrer les tentatives de vengeance d'un colonel qui l'a méchamment dans le collimateur.

Plombant maladroitement toute idée de suspense avec sa structure ridicule (spoilers : non, Adkins ne passera pas l'arme à gauche), Mandylor compense néanmoins très vite la vacuité du scénario (personnages secondaires anecdotiques, mise en tension artificielle,...) grâce à une généreuse série d'envolées musclées plutôt bien emballées et chorégraphiées (une belle galerie de combats au corps à corps percutants et savamment spectaculaires, plus que son final à l'épée qui envoie un poil moins de pâté)), conscient que les coups de son comédien vedette, au sommet de ses capacités (une intensité et un charisme animal qui viennent solidement surplomber les carrences de son jeu, surtout dans son pendant émotionnel), est le meilleur moteur en mouvement possible pour son histoire certes prévisible, mais tenue de bout en bout.

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Entre le DTV d'action pétri de bonnes intentions des années 2000 (sans usines à yaourts désaffectées bulgares, certes) et la bisserie qui tâche made in Cannon (donc géniale), Prisoner of War transpire l'amour du cinéma qu'on aime, suffisamment intelligent pour ne pas trop tendre son grand écart entre l'actionner bourrin et le film de guerre artificiel, mais surtout pour ne pas faire mousser plus que de raison nos binouzes, ni trop frétiller les pepperoni de nos pizzas.
Un vrai gars sûr, ce Scott...


Jonathan Chevrier