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[CRITIQUE] : Narco Hunters


Réalisateur : Ruben Islas
Avec : Dean Norris, Julio Macias, Danforth Comins,...
Distributeur : Sony Pictures Home Entertainment
Budget : -
Genre : Thriller, Action.
Nationalité : Américain, Mexicain.
Durée : 1h28min.

Synopsis :
Un trafiquant de drogue tue un policier avant de se réfugier au Mexique. Le frère de la victime, un ancien des forces spéciales, se lance à sa poursuite.





Tous les mômes biberonés aux cinémas burnés et effrontément rentre-dedans des 70s/80s, ont un attachement tout particulier au revenge movie, ce sous-genre savoureusement régressif du thriller, ou la violence y est souvent plus décomplexée et sauvage qu'à l'accoutumée.
Et en bon bourinos que nous sommes, nous avons tous été un peu (trop mal) élevé par les aventures purgatoires et sur-armées de ce bon vieux Paul Kersey, figure stellaire usé jusqu'à la moelle par une Cannon pas si près que ça, de son pognon.

Mais quoiqu'en diront certains, qui ne retiendront que l'aspect furieusement jubilatoire qu'il peut - majoritairement - apporter au coeur de narrations il est vrai souvent faciles, le revenge n'est pas une science si simple à reproduire, et plus d'une bisserie qui tâche s'y ait cassé les dents, même lorsqu'elles se laissaient aller à une effusion de sang et de morts gratuite.

Des bandes à l'image de Narco Hunters de Ruben Islas, sous-Sicario 2 grosse série Z qui tâche féroce, qui a - stupidement - titillé notre intérêt avec la présence en sa distribution vedette de cette belle crevure géniale qu'est Dean Norris, appelé ici à reprendre le costume débrayé de Hank Schrader dans un véritable walk of shame du cabotinage déprimé et déprimant.
Ne poussant jamais le spectateur à se soucier de ce qu'il voit, entre une écriture amorphe qui aligne les postures et les clichetons faciles, et une mise en scène indigne d'un DTV de Brett Ratner, la péloche n'a même pas la bassesse de se complaire dans une brutalité crasse, qui viendrait apporter de vie - perverse certes, mais tout même - et de substance à une histoire rebattue et caricaturale.

Chiche en action mais riche en séquences bavardes (avec des dialogues redondant comme d'une mollesse incroyable), pur thriller sinistre tout sauf palpitant et cohérent menant laborieusement à une confrontation finale qui l'est tout autant, Narco Hunters est le genre d'expérience comparable à un examen de la prostate : on la subit sans broncher et on espère juste qu'elle se terminera vite.
On aime les DTV pourris certes, mais faut quand-même pas trop charrier...


Jonathan Chevrier