[CRITIQUE] : Iron Lung
Réalisateur : Mark Fischbach
Acteurs : Mark Fischbach, Elle LaMont, Seán McLoughlin,...
Distributeur : mk2.Alt
Budget : -
Genre : Epouvante-horreur.
Nationalité : Américain.
Durée : 2h07min
Synopsis :
Les étoiles ne sont plus. Les planètes ont disparu. Seuls quelques individus subsistent, à bord de stations spatiales ou de vaisseaux errants. Ils ont survécu pour assister à la fin — et lui donner un nom : « Le Rapt silencieux ». Après des années de déclin et d’infrastructures en perdition, l’Iron Consolidation fait une découverte sur une lune désolée, AT-5. Un océan de sang. L’Iron Consolidation lance immédiatement une expédition, avec l’espoir d’y trouver des ressources cruciales. Un sous-marin est construit, et un condamné y est enfermé. En raison de la pression et de la profondeur de l’océan, le hublot frontal du sous-marin est masqué par un bouclier de métal. S’il s’en sort, il gagnera sa liberté. Sinon, un autre suivra.
Iron Lung est un objet filmique étrange, presque anachronique dans le paysage actuel du cinéma de genre. Adaptation du jeu vidéo indépendant éponyme et porté par le créateur de contenu « Markiplier », le film s’inscrit à la croisée de plusieurs mondes : celui du jeu indé minimaliste, celui de l’horreur atmosphérique « slow burn » et celui, plus récent, des productions issues d’Internet qui tentent une percée sur grand écran. En France, sa diffusion sous forme de séances exclusives et limitées dans le temps renforce cette impression d’objet à part, presque clandestin, projeté comme un événement ponctuel plutôt qu’une véritable sortie nationale.
Ce qui frappe d’abord, c’est l’engagement radical du film envers son concept. Enfermer son protagoniste dans un minuscule sous-marin explorant un océan de sang est une idée forte, presque absurde dans son minimalisme, mais redoutablement efficace sur le plan sensoriel. La claustrophobie est palpable, l’espace restreint devient une prison mentale, et la bande-son joue un rôle crucial dans la montée de l’angoisse. Là où beaucoup de productions d’horreur contemporaines misent sur l’accumulation d’effets ou de jumpscares, Iron Lung choisit la retenue, la lenteur, l’attente. Cette fidélité à l’esprit du jeu d’origine constitue l’un de ses principaux atouts et on sent un respect sincère pour la matière première et une volonté de ne pas trahir l’expérience initiale.
Le film bénéficie également de son statut indépendant. L’absence de studio omniprésent se ressent dans la liberté formelle, dans le refus de rendre l’univers plus explicite ou plus « grand public ». Il y a une cohérence artistique dans cette approche austère. L’univers reste volontairement opaque, presque abstrait, et le spectateur est contraint d’accepter de ne pas tout comprendre. Cette radicalité donne au film une identité forte.
Cependant, cette même radicalité devient aussi sa principale limite. Le rythme extrêmement lent, étiré sur une durée conséquente, finit par mettre à l’épreuve la patience du spectateur. Là où le jeu vidéo compensait la répétition par l’interactivité et l’implication directe du joueur, le film n’a que l’image et le son pour maintenir l’attention. Certaines séquences donnent l’impression de tourner en rond, de répéter les mêmes motifs sans réelle progression dramatique. La tension, initialement efficace, se dilue parfois dans l’attente prolongée d’un événement qui tarde à venir. Le minimalisme devient alors synonyme de stagnation.
Le scénario, volontairement elliptique, peut également laisser une partie du public à distance. Les enjeux globaux restent flous, les éléments de contexte sont à peine esquissés, et le protagoniste lui-même manque d’épaisseur psychologique. L’identification émotionnelle est limitée car on partage son enfermement, mais rarement ses tourments intérieurs. Pour les spectateurs déjà familiers de l’univers du jeu ou du créateur, cela peut suffire. Pour les autres, l’expérience peut paraître hermétique, presque indifférente à leur besoin de compréhension.
C’est précisément là que les séances exclusives en France jouent un rôle ambivalent. En concentrant la diffusion sur quelques jours seulement, les exploitants ont transformé le film en événement ponctuel, presque en rite de passage pour les curieux et les fans. Cette rareté crée une aura, une forme d’exclusivité qui renforce l’attrait. Aller voir Iron Lung devient un acte volontaire, presque militant, et l’expérience collective en salle amplifie l’immersion. Dans le noir, le silence partagé accentue la tension et donne au film une puissance que le visionnage domestique aurait peut-être amoindrie.
Mais cette stratégie a aussi ses revers. En limitant drastiquement l’accès, le film s’adresse essentiellement à un public déjà informé et motivé. Il ne bénéficie pas du temps nécessaire pour trouver progressivement son audience. Le bouche-à-oreille, pourtant crucial pour ce type d’œuvre, est contraint par le calendrier. Ceux qui hésitent ou découvrent le film trop tard n’ont tout simplement pas l’occasion de le voir en salle. Ce choix renforce son statut d’objet culte potentiel, mais au prix d’une visibilité restreinte et d’une réception plus confidentielle.
Jess Slash'Her
Acteurs : Mark Fischbach, Elle LaMont, Seán McLoughlin,...
Distributeur : mk2.Alt
Budget : -
Genre : Epouvante-horreur.
Nationalité : Américain.
Durée : 2h07min
Synopsis :
Les étoiles ne sont plus. Les planètes ont disparu. Seuls quelques individus subsistent, à bord de stations spatiales ou de vaisseaux errants. Ils ont survécu pour assister à la fin — et lui donner un nom : « Le Rapt silencieux ». Après des années de déclin et d’infrastructures en perdition, l’Iron Consolidation fait une découverte sur une lune désolée, AT-5. Un océan de sang. L’Iron Consolidation lance immédiatement une expédition, avec l’espoir d’y trouver des ressources cruciales. Un sous-marin est construit, et un condamné y est enfermé. En raison de la pression et de la profondeur de l’océan, le hublot frontal du sous-marin est masqué par un bouclier de métal. S’il s’en sort, il gagnera sa liberté. Sinon, un autre suivra.
Iron Lung est un objet filmique étrange, presque anachronique dans le paysage actuel du cinéma de genre. Adaptation du jeu vidéo indépendant éponyme et porté par le créateur de contenu « Markiplier », le film s’inscrit à la croisée de plusieurs mondes : celui du jeu indé minimaliste, celui de l’horreur atmosphérique « slow burn » et celui, plus récent, des productions issues d’Internet qui tentent une percée sur grand écran. En France, sa diffusion sous forme de séances exclusives et limitées dans le temps renforce cette impression d’objet à part, presque clandestin, projeté comme un événement ponctuel plutôt qu’une véritable sortie nationale.
Ce qui frappe d’abord, c’est l’engagement radical du film envers son concept. Enfermer son protagoniste dans un minuscule sous-marin explorant un océan de sang est une idée forte, presque absurde dans son minimalisme, mais redoutablement efficace sur le plan sensoriel. La claustrophobie est palpable, l’espace restreint devient une prison mentale, et la bande-son joue un rôle crucial dans la montée de l’angoisse. Là où beaucoup de productions d’horreur contemporaines misent sur l’accumulation d’effets ou de jumpscares, Iron Lung choisit la retenue, la lenteur, l’attente. Cette fidélité à l’esprit du jeu d’origine constitue l’un de ses principaux atouts et on sent un respect sincère pour la matière première et une volonté de ne pas trahir l’expérience initiale.
Le film bénéficie également de son statut indépendant. L’absence de studio omniprésent se ressent dans la liberté formelle, dans le refus de rendre l’univers plus explicite ou plus « grand public ». Il y a une cohérence artistique dans cette approche austère. L’univers reste volontairement opaque, presque abstrait, et le spectateur est contraint d’accepter de ne pas tout comprendre. Cette radicalité donne au film une identité forte.
Cependant, cette même radicalité devient aussi sa principale limite. Le rythme extrêmement lent, étiré sur une durée conséquente, finit par mettre à l’épreuve la patience du spectateur. Là où le jeu vidéo compensait la répétition par l’interactivité et l’implication directe du joueur, le film n’a que l’image et le son pour maintenir l’attention. Certaines séquences donnent l’impression de tourner en rond, de répéter les mêmes motifs sans réelle progression dramatique. La tension, initialement efficace, se dilue parfois dans l’attente prolongée d’un événement qui tarde à venir. Le minimalisme devient alors synonyme de stagnation.
![]() |
| Copyright moviexchange |
Le scénario, volontairement elliptique, peut également laisser une partie du public à distance. Les enjeux globaux restent flous, les éléments de contexte sont à peine esquissés, et le protagoniste lui-même manque d’épaisseur psychologique. L’identification émotionnelle est limitée car on partage son enfermement, mais rarement ses tourments intérieurs. Pour les spectateurs déjà familiers de l’univers du jeu ou du créateur, cela peut suffire. Pour les autres, l’expérience peut paraître hermétique, presque indifférente à leur besoin de compréhension.
C’est précisément là que les séances exclusives en France jouent un rôle ambivalent. En concentrant la diffusion sur quelques jours seulement, les exploitants ont transformé le film en événement ponctuel, presque en rite de passage pour les curieux et les fans. Cette rareté crée une aura, une forme d’exclusivité qui renforce l’attrait. Aller voir Iron Lung devient un acte volontaire, presque militant, et l’expérience collective en salle amplifie l’immersion. Dans le noir, le silence partagé accentue la tension et donne au film une puissance que le visionnage domestique aurait peut-être amoindrie.
Mais cette stratégie a aussi ses revers. En limitant drastiquement l’accès, le film s’adresse essentiellement à un public déjà informé et motivé. Il ne bénéficie pas du temps nécessaire pour trouver progressivement son audience. Le bouche-à-oreille, pourtant crucial pour ce type d’œuvre, est contraint par le calendrier. Ceux qui hésitent ou découvrent le film trop tard n’ont tout simplement pas l’occasion de le voir en salle. Ce choix renforce son statut d’objet culte potentiel, mais au prix d’une visibilité restreinte et d’une réception plus confidentielle.
Jess Slash'Her








