[CRITIQUE] : Au-delà de Katmandou
Réalisateur : Alexander Murphy
Acteurs : -
Distributeur : Dulac Distribution
Budget : -
Genre : Documentaire.
Nationalité : Français, Népalais.
Durée : 1h30min
Synopsis :
Installées à Katmandou, Jamuna et Anmuna retournent dans leur village natal, perché dans les hauteurs de l’Himalaya. Les deux sœurs viennent prendre part avec leur famille à la périlleuse récolte du yarsagumba, une créature rare, mi-champignon, mi-insecte dont la valeur dépasse aujourd'hui celle de l'or. Pour Jamuna, cette quête sur sa terre d'origine, incarnant l'espoir d'un nouveau départ, est aussi l'occasion de retrouvailles, de réparations et d'un adieu qui la libèrera enfin.
Qu'ils soient d'une flamboyante réussite ou proprement insipides, les premières réalisations sont toujours plus ou moins frappées par le sceau rafraîchissant de la nouveauté, de cette petite excitation face à la possibilité de découvrir l'un des potentiels grands cinéastes de demain.
Sensiblement de bon cru, le captivant documentaire Au-delà de Katmandou d'Alexander Murphy (dont on préférera le titre original, Goodbye Sisters, bien plus évocateur) inscrit dès le départ son postulat au coeur d'une urgence à la fois familial et économique.
Celle qui imprime la mission de deux sœurs, Jamuna et Anmuna, quittant leur quotidien citadin à Katmandou, pour revenir dans leur village natal de Maikot, dans l'Himalaya, et entamer la périlleuse récolte d'un petit Saint Graal improbable et férocement recherché : le yarsagumba, une créature rare, mi-champignon, mi-insecte dont la valeur dépasse aujourd'hui celle de l'or, et qui ne pousse qu'à environ 5 000 mètres d'altitude.
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| Copyright Dulac Distribution |
Un pèlerinage loin d'être désintéressé d'un point de vue plus intime, puisqu'il pourrait amener à servir de potentiel pivot au nouveau départ de l'aînée des deux sœurs, qui espère financer son départ comme ses études au Japon.
Entre impératif économico-familial et ambition/rêve personnel, qui impliquent tous deux de mettre sensiblement sa vie en jeu (une ascension où le danger est constant), Murphy joue la carte d'une approche profondément anthropologique pour mieux dresser un portrait à la fois sobre et authentique autant d'une jeunesse déterminée et sereine, trop consciente des rouages écrasants du capitalisme moderne (mais également du poids tout aussi anxiogène des traditions), que d'une relation sororale poignante et sensible, qui célèbre la persévérance féminine tout en laissant savamment place parfois, à une émotion particulièrement déchirante.
Flanqué dans un cadre himalayen aussi rude que somptueux, au plus près des corps comme d'un silence presque mystique, Au-delà de Katmandou se fait un effort gracieux et patient, contemplatif et saisissant.
L'une des belles découvertes d'un début d'année ciné qui les compte définitivement à la pelle - tant mieux pour nous.
Jonathan Chevrier








