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[CRITIQUE] : Olivia


Réalisatrice : Irene Iborra Rizo
Acteurs : avec les voix de Ona Bagué, Jordi Évole, Gaspard Rouyer,...
Distributeur : KMBO
Budget : -
Genre : Animation.
Nationalité : Espagnol, Français, Belge, Chilien.
Durée : 1h11min.

Synopsis :
À 12 ans, Olivia voit son quotidien bouleversé du jour au lendemain. Elle va devoir s’habituer à une nouvelle vie plus modeste et veiller seule sur son petit frère Tim. Mais, heureusement, leur rencontre avec des voisins chaleureux et hauts en couleur va transformer leur monde en un vrai film d’aventure ! Ensemble, ils vont faire de chaque défi un jeu et de chaque journée un moment inoubliable.





À une heure où toute l'intention - et c'est tout à fait légitime, au fond - est focalisée sur les plus ou moins grosses machines (françaises comme internationales) des fêtes de fin d'année/début d'année, comme sur les péloches de saison fièrement (où pas) lancées dans la course aux statuettes dorées, il est assez dommage tout de même que l'on ne puisse pas mettre un tout petit peu plus en lumière la jolie - comme gentiment ambitieuse - séance animée qu'incarne Olivia, estampillé premier long-métrage de la wannabe cinéaste ibérique Irene Iborra Rizo, qui adapte ici le roman La vie est un film de Maite Carranza, un vrai condensé et douceur et de poésie qui tranche avec l'univers comme la vision - majoritairement - idyllique des films pour enfants (terme grossier, on l'entend), tant il n'édulcore en rien la brutalité de son propos : l'initiation à la dure réalité d'un monde adulte où la précarité économique bouscule tout, et encore plus l'innocence de l'enfance.

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Intelligemment à hauteur d'enfants, au plus près des aternoiments d'une gamine de douze ans curieuse et attachante - mais également de son petit frère plus innocent et naïf -, dont la stabilite apparente est frappée de plein fouet par les bouleversements socio-structurels, économiques et psychologiques qui frappent les siens au coeur de la cité barcelonaise, mais avant tout et surtout la réalisation de la situation critique de sa famille (une expulsion suivi d'un emménagement dans un appartement plus modeste d'un immeuble délabré, la dépression de sa mère et la menace écrasante d'un placement dans une famille d'accueil); Olivia oscille tout du long entre un réalisme brut et lucide un idéalisme enchanteur, célébrant le pouvoir de l'imaginaire comme refuge face aux maux traumatisants du quotidien (sans pour autant tomber dans une banalisation vulgaire de la précarité), tout autant que la résilience enfantine.

Un petit bout d'animation vibrant et poignant à l'onirisme charmant - renforcé par son animation en stop-motion -, qui vaut décemment son pesant de pop-corn.


Jonathan Chevrier