[CRITIQUE] : The Last Viking
Réalisateur : Anders Thomas Jensen
Avec : Mads Mikkelsen, Nikolaj Lie Kaas, Lars Brygmann, Sofie Gråbøl,...
Distributeur : Motel
Budget : -
Genre : Comédie, Drame, Thriller.
Nationalité : Danois, Suédois.
Durée : 1h56min
Synopsis :
À sa sortie de prison, un braqueur de banque part retrouver son frère, le seul à savoir où est caché le butin. Mais ce dernier, convaincu d’être la réincarnation de John Lennon, l’entraîne dans un voyage aussi inattendu qu’improbable…
Mine de rien, nous sommes des cinéphiles faciles, voire même parfois peu exigeants : il suffit qu'un Mads Mikkelsen sauvage pointe le bout de son nez au coeur d'une distribution, pour que la proposition qu'elle incarne devienne tout de suite difficilement déclinable à nos yeux.
Imaginez alors, si elle invite à des retrouvailles entre le comédien et son faiseur de rêves fétiche (où pas loin) Anders Thomas Jensen, mais aussi avec l'excellent Nikolaj Lie Kaas.
Il n'en faut pas forcément plus pour que le terme (un poil vulgaire, certes, mais passons) de séance immanquable ne vienne baver au coin de nos lèvres.
C'est donc, d'une manière plus où moins affirmée, la promesse vantée par leur nouvelle réunion cinématographique, The Last Viking, passé par les cases Mostra et PIFFF, énième comédie noire savamment grotesque et décomplexée du cinéaste danois, pour laquelle il renoue un brin avec la gymnastique loufoque de son brillant Riders of Justice : dégainer fièrement un ton cocasse et mordant, sans pour autant que celui-ci ne soit écrasé par une émotion poignante et authentique, qui vient parfois joliment déborder du cadre, et quelques excès de violences musclés.
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Partant, une fois n'est pas coutume, d'un point de départ merveilleusement loufoque (Anker, un braqueur de banque, demande peu de temps avant son arrestation à son jeune frère, Mandred, de cacher son dernier butin dans la vieille maison familiale sauf que, problème, le dit frangin souffre d'un trouble dissociatif de l'identité, et lorsqu'Anker sort de prison quinze piges plus tard, il n'a plus aucune idée d'où est caché le pognon et pire, il est désormais persuadé d’être la réincarnation de John Lennon...), Jensen déroule une douce et étrange chasse au trésor familiale moins à la recherche d'un magot que des souvenirs d'enfance - pas toujours heureux -, dont le coeur se fixe autour d'une réflexion particulièrement noble sur les notions d'identité (parfois multiple) et de diversité, au détour d'une union fraternelle endolorie par la tragédie et l'absence.
Inventif, tendre et peuplée de figures excentriques et marginales (dont un hilarant Kardo Razzazi), The Last Viking, dominé par la dynamique incroyable du tandem Mikkelsen/Lie Kass (cousin plus déjanté, mélancolique et sans filtre du duo Hoffman/Cruise de Rain Man), est une belle balade qui certes trébuche parfois sous le poids de certains de ses accords, mais sait pertinemment comment emporter son spectateur avant son ultime note.
Jonathan Chevrier








