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[CRITIQUE] : Louve, une vie dans les Alpes


Réalisateurs : Baptiste Deturche et Corentin Esmieu
Acteurs : Françoise Cadol.
Distributeur : TRIDAC films
Budget : -
Genre : Documentaire.
Nationalité : Français.
Durée : 1h10min.

Synopsis :
Un voyage au cœur des montagnes des Hautes-Alpes, là où le sauvage foisonne et les hivers sont rigoureux, le loup est revenu depuis plusieurs dizaines d’années.
Souvent perçus comme des prédateurs menaçants, l’espèce se révèle ici dans son intimité : joueuse, protectrice, vulnérable.
Des scènes de vies rares et inédites rythment ce documentaire.
Accompagnées d’une musique qui nous transporte, ces images respectueuses et sensibles racontent l’histoire vraie de cette louve et de sa famille.
Une plongée immersive dans leur monde secret, un hommage à leur résilience et à leur place fragile dans un écosystème qu’ils partagent avec nous.




À une heure où leur présence se fait définitivement de plus en plus importante, ce qui est à la fois une bénédiction pour notre écosystème mais, dans le même temps, un vrai problème pour des éleveurs ayant déjà suffisamment de souci au quotidien, pour vivre de leur élevage; la question de notre cohabitation avec les loups se fait plus pressante au sein de notre actualité, entre sauvegarde à la fois d'une espèce toujours menacée, et d'un pastorialisme qui commence à le devenir tout autant.

En ce sens, et alors que les médias commentent très peu sur ce sujet assez difficile (ils ont déjà du mal à traiter convenablement, et sans impartialité, du quotidien des français, alors la cause animale), Louve, une vie dans les Alpes de Baptiste Deturche et Corentin Esmieu, semblait sur le papier, s'inscrire dans la parfaite continuité du cinéma du cinéaste animalier Jean-Michel Bertrand, à savoir un cinéma porté par de vraies valeurs humaine et pédagogique.

Odyssée sur une louve et sa meute de canis lupus et sa place au sein des forêts hexagonales - mais aussi et surtout auprès de l'homme -, pensé et concocté sur quinze ans, le documentaire tend d'une manière louable sans pleinement y arriver, à remettre l'église au milieu du village ou, plus justement, la nature au centre des débats, dans ce qui se fait une exploration comportementale de cette branche de la faune sauvage dans sa résilience comme sa coexistence avec les autres espèces (dont un homme qui n'a de cesse de la chasser), bardée de scènes particulièrement ébouriffantes.

Mais là où Bertrand invite toujours intelligemment au dialogue (notamment avec les éleveurs qui bordent ses cadres), le duo de cinéastes joue la carte d'une observation sans opposition, d'un débat douloureusement fermé qui rend branlante sa volonté de nous guider tous un peu plus, vers la voie - elle-même fragile - de la coexistence.
La balade n'en reste pas moins prenante, mais elle ne tend pas assez à tisser par le prisme d'une immersion particulièrement saisissante, les liens d'une cohabitation/réconciliation loin d'être impossible.


Jonathan Chevrier