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[CRITIQUE] : Laurent dans le vent


Réalisateurs : Anton Balekdjian, Léo Couture et Mattéo Eustachon
Acteurs : Baptiste Perusat, Béatrice Dalle, Djanis Bouzyani, Thomas Daloz,...
Distributeur : Arizona Distribution
Genre : Comédie Dramatique.
Nationalité : Français.
Durée : 1h50min

Synopsis :
À 29 ans, Laurent cherche un sens à sa vie. Sans travail ni logement, il atterrit dans une station de ski déserte hors-saison et s’immisce dans la vie des rares habitant·es qu’il rencontre. Quand les touristes arrivent avec l’hiver, Laurent ne peut plus repartir.





Sorti en catimini au printemps 2022, sensiblement dans l'ombre d'un Avatar : La Voie de l'eau qui bouffait littéralement tout sur son passage (on ne peut pas en dire autant de sa suite, De Feu et de Cendres, confrontée à une adversité il est vrai totalement différente), le mélancolique Mourir à Ibiza (Un film en trois étés), petit bout de teen movie naturaliste et attachant certes pas dénué d'asperités/maladresses mais à l'humour joliment complice (centré sur l'amitié expéditive mais solide, au détour de trois étés - tout est dans le titre - et de trois destinations distinctes, entre trois jeunes âmes fraîchement dans la vingtaine, une jeune femme et deux jeunes hommes, gladiateur et boulanger), plaçait gentiment sur la carte de la production hexagonale un trio de trois wannabe cinéastes prometteurs, que l'on espérait appelé à venir habiter avec ambition nos salles obscures à l'avenir : Anton Balekdjian, Léo Couture et Mattéo Eustachon.

Copyright Mabel Films

Trois ans plus tard, quasiment jour pour jour (encore une fois face à James Cameron) et non sans une petite attente, ils font leur retour avec le bien nommé Laurent dans le vent, comédie dramatique initiatico-existentielle façon odyssée introspective et douce-amère, clouée aux basques d'un quasi-trentenaire paumé et en quête de sens - à tous les niveaux -, sans taf (parce qu'insatisfait face à l'inéluctable routine urbaine du métro-boulot-dodo) ni logement fixe, qui se laisse porter par la vie au point d'atterrir presque par hasard dans une station de ski déserte hors-saison.

Une figure toute aussi flottante que décontractée et attachante, pas vraiment encore extirpé de l'adolescence (campée avec justesse par Baptiste Perusat) qui multiplie les rencontres excentriques pour mieux nourrir sa découverte intime du monde comme de lui-même, tout autant que de permettre aux cinéastes de tisser une déclaration d'amour sincère - mais pas dénuée de sarcasme - à une France rurale rarement capturée avec autant de singularité et d'empathie.
Une belle errance authentique, lancinante et décalée sous fond de mal-être générationnel qui confirme, si besoin était, que ses cinéastes sont comme Laurent, réellement dans le vent.


Jonathan Chevrier