Critiques

[CRITIQUE] : The Silence


Réalisateur : John R. Leonetti
Avec : Stanley Tucci, Kiernan Shipka, Miranda Otto,...
Distributeur : Netflix France
Budget : -
Genre : Epouvante-horreur, Fantastique.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h31min.

Synopsis :
De terrifiantes créatures ont envahi la Terre, chassant leurs proies humaines au bruit. Pour leur échapper, les Andrews se réfugient dans un lieu isolé, mais découvrent un culte sinistre qui cherche à exploiter les sens suraiguisés de leur fille Ally, sourde depuis ses 13 ans.



Critique :


Rares sont les metteurs en scène aujourd'hui, dont il n'y a strictement rien à sauver de leurs filmographies malgré plusieurs réalisations au compteur.
Très rare, ce qui fait de facto du tâcheron John R. Leonetti, une anomalie proprement fascinante, un orfèvre du côté très obscur de l'industrie uniquement compétent pour caresser dans le sens du poil, une pluie de séries Z indéfendable.
Et pourtant, le lascar, auréolé de succès incompréhensibles pour le commune des mortels cinéphiles (Mortal Kombat : Destruction Finale et Annabelle... damn dude), n'en finit pas de se faire un trou et de bosser sur divers projets faisant assez fréquemment l'actualité, comme c'est le cas aujourd'hui avec la nouvelle péloche d'épouvante estampillée Netflix, qui après le manqué Bird Box, s'échine à nouveau à capitaliser sur la hype encore puissante du Sans un Bruit de John Krasinski, avec The Silence donc, adaptation du roman éponymé de Tim Lebbon narrant une invasion de créatures - des cousines énervées de Batman - tuant... au bruit.



S'il troque la défroque du film concept arty méchamment malin contre celle du copycat peu inspiré et torché avec les pieds, on reste douloureusement en terrain connu mais surtout, face à une péloche totalement écrasée par son puissant modèle.
Et fatalement, le résultat est aussi exécrable que profondément ridicule, tant il plombe littéralement son concept accrocheur en se complaisant autant dans une contradiction crasse (visant à capitaliser sur une surdité risible de la jeune héroïne campée par Kiernan " Sabrina " Shipka) que dans une paresse abyssale.Oscillant entre des personnages ressemblant à des pantins désarticulés ne sachant pas vraiment ou aller (tout le casting est en pilote automatique, même les extraordinaires Stanley Tucci et Miranda Otto) et une intrigue linéaire et prétexte sans vraie résolution, dont la tension est constamment désamorcée aussi bien par une mise en scène amorphe que par des actes lourdingues (ne pas faire de bruit, comprendre : être comme un éléphant dans un magasin de porcelaine), The Silence n'est finalement que la version creuse et résolument prétentieuse de tout ce qui a pu être vu ses derniers mois dans le cinéma de genre (Sans un Bruit et Bird Box, même si les films sont arrivés après le roman, et on pense même à Apostle pour la secte de fanatiques religieux sous fond d'apocalypse), façon DTV de luxe aussi élaboré qu'une bande Asylum.



Le pire dans tout ça c'est que, big buzz aidant sur la plateforme, il contentera certainement le commun des mortels se persuadant naïvement que copie sans imagination, rythmé inexistant et tension apathique riment avec séance recommandable.
À moins que le film ne passe finalement totalement inaperçu et sombre dans les limbes de Netflix, sans un bruit.
Ce serait un (beau) comble.


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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